Assemblée: Accoyer porte plainte contre Gremetz pour "violences"

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Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), a annoncé jeudi qu'il allait, fait inédit, porter plainte contre Maxime Gremetz pour "menaces contre des fonctionnaires, outrage et violences", au lendemain d'un nouveau coup de sang du député apparenté PCF.

"Je vais porter plainte contre Maxime Gremetz qui a eu un comportement violent à l'égard d'agents de l'Assemblée nationale qui essayaient de le calmer. C'est inadmissible", a déclaré à quelques journalistes M. Accoyer.

"J'ai visionné l'incident ce matin. C'est peut-être une première (pour un président de l'Assemblée de porter plainte contre un député, ndlr) mais ça m'est complètement égal. C'est quelque chose qu'on ne peut pas faire", a-t-il ajouté.

Selon la présidence, la plainte doit être déposée de manière imminente pour "menaces contre des fonctionnaires, outrage et violences". Elle a également annoncé à l'AFP une réunion exceptionnelle, le 23 mars, du bureau (organe dirigeant) de l'Assemblée sur le cas de l'élu de la Somme.

M. Accoyer a affirmé que l'instance serait appelée "à prononcer des sanctions à l'égard de M. Gremetz à la hauteur de la gravité des faits".

Dans un courrier au député de la Somme où il dénonce son "comportement déshonorant pour la France" et "le Parlement", M. Accoyer se réfère au règlement de l'Assemblée qui prévoit des sanctions allant jusqu'à l'exclusion temporaire d'un député, avec privation de la moitié de son indemnité pendant deux mois.

L'incident s'est déroulé lors d'une réunion sur la crise nucléaire au Japon, au Palais Bourbon.

"Les ministres, vous faites dégager vos voitures, s'il vous plaît!", a lancé M. Gremetz en débarquant au beau milieu de cette réunion solennelle, retransmise à la télévision, à laquelle participaient notamment Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie), Eric Besson (Industrie), la dirigeante d'Areva, Anne Lauvergeon, les responsables de la sûreté nucléaire et de nombreux parlementaires.

Il est revenu à la charge dix minutes plus tard. Le ton est monté, et la retransmission télévisée interrompue à deux reprises.

Selon M. Accoyer, une violente altercation avec des agents, à l'origine du dépôt de plainte, s'est produite dans la foulée à l'extérieur du bâtiment.

Jeudi, M. Gremetz s'est vigoureusement défendu de tout comportement violent. "Il n'y a eu aucune violence, à aucun moment. Il suffit de regarder les bandes. Je mets au défi M. Accoyer de prouver ses allégations", a affirmé le député à l'AFP.

Il a reconnu s'être opposé à des fonctionnaires de l'Assemblée qui voulaient l'empêcher d'interpeller une deuxième fois les ministres, mais assure avoir agi sans violence. "Je leur ai dit que personne ne pouvait m'empêcher" de rejoindre la salle de réunion, a-t-il souligné.

M. Gremetz a par ailleurs assuré qu'il ignorait que la réunion portait sur la crise nucléaire au Japon: "si j'avais su, je ne serais pas allé à ce moment-là".

Mercredi, le porte-parole des députés PCF, Roland Muzeau, avait condamné "fermement" l'attitude "scandaleuse et irresponsable" de son collègue exhortant M. Accoyer à "prendre toute mesure qui s'impose".

M. Gremetz avait déjà défrayé la chronique à plusieurs reprises. En 1998, il avait été condamné pour avoir pénétré avec sa voiture dans un meeting du président d'alors du conseil régional de Picardie, Charles Baur, avant d'être gracié par Jacques Chirac.

Jeudi, M. Accoyer a également adressé un courrier à l'ambassadeur du Japon en France pour lui présenter ses "excuses" pour "le comportement déshonorant" de M. Gremetz.