Sarkozy prêt à se rendre au Japon pour manifester la solidarité des G8/G20

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Nicolas Sarkozy a indiqué jeudi à Aix-en-Provence qu'il était prêt à se rendre au Japon à la fin du mois, si les autorités japonaises en étaient d'accord, pour "manifester la solidarité" de la France et des autres pays des G8 et G20.

"Il n'est pas question de déranger les autorités japonaises qui doivent se consacrer de façon totale à la gestion de la crise mais, bien évidemment, si l'opportunité se présentait et si les autorités japonaises le souhaitaient, il va de soi qu'au moment de mon déplacement en Asie, je me rendrai là-bas pour manifester notre solidarité", a déclaré M. Sarkozy.

"Mais la priorité, ce sont les victimes, c'est la crise, c'est de refroidir ces centrales, c'est de trouver de l'eau pour remplir ces piscines qui n'en ont pas assez, c'est ça la priorité absolue", a-t-il ajouté à la presse en marge de l'inauguration de la nouvelle Ecole nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers (ENSOSP).

Le chef de l'Etat doit participer le 31 mars prochain à Nankin (Chine) à un séminaire sur la réforme du système monétaire international, une des priorités de sa présidence des G8 et G20.

"En tant que président du G20, la France a manifesté aux autorités japonaises sa disponibilité, non seulement pour aider le peuple japonais (...) mais aussi pour mobiliser l'ensemble des nations du G20 au service des populations japonaises", a-t-il poursuivi, "j'aurai l'occasion, dès que ce sera possible, de me rendre au Japon pour manifester concrètement ce soutien".

M. Sarkozy avait été l'un des premiers chefs d'Etat étrangers à se rendre en Haïti en février 2010, un mois après le tremblement de terre qui avait fait plus de 200.000 morts dans la région de Port-au-Prince.

Revenant sur la catastrophe provoquée par les accidents à répétition dans la centrale nucléaire de Fukushima, Nicolas Sarkozy a répété que la situation était "très grave" mais s'est refusé à toute "déclaration définitive".

"Nous sommes à un point crucial de la crise et il faut souhaiter que nos amis japonais arrivent à contrôler les processus en cours en ce moment-même", a-t-il indiqué mais "il faut se garder d'avoir des déclarations définitives alors même que ni vous, ni nous n'avons pas d'informations stabilisées et certifiées".

"Ce qu'on sait, c'est que c'est grave (...) mais je ne voudrais pas dire des choses qui pourraient être contredites par des faits", a poursuivi M. Sarkozy.

Ses déclarations prudentes interviennent après les propos plus alarmistes de la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, qui avait estimé mardi que le "scénario du pire (était) possible et même probable" au Japon.

Nicolas Sarkozy a également redit que la France allait engager un audit de toutes les centrales nucléaires françaises à la lumière du drame japonais. "Ce processus débutera dès que nous aurons la totalité des éléments du retour d'expérience japonais", a-t-il précisé. Le président a également une nouvelle fois promis que les Français sauraient "toute la vérité sur ce qui s'est passé là-bas et sur les conséquences que nous en tirerons en France".