Débat sur la laïcité et l'islam: Guéant veut «rassurer» le Conseil français du culte musulman

RELIGION L'organisation craint «des dérives» du débat sur la laïcité et l'islam du 5 avril...

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Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant le 3 mars 2011 à Paris.
Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant le 3 mars 2011 à Paris. — AFP PHOTO/THOMAS SAMSON

Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, en charge des cultes, a tenté de "rassurer" mercredi le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui craint des «dérives» du débat sur la laïcité et l'islam prévu le 5 avril, auquel il ne participera pas.

Selon un communiqué du ministère, les représentants du CFCM ont fait part à M. Guéant de «leur préoccupation à l'égard des conditions dans lesquelles le débat sur la laïcité a pu être engagé».

En les recevant dans l'après-midi Place Beauvau, le ministre de l'Intérieur «a tenu à les rassurer. Il a exprimé sa volonté ainsi que celle du gouvernement de veiller au bon déroulement du débat dans le strict respect de la loi de 1905 et du principe de laïcité», précise le communiqué.

«Ce débat doit répondre aux attentes des Français dans un souci de cohésion nationale et garantir le libre exercice de tous les cultes», ajoute le texte.

«Cadre partisan»

Dans un communiqué distinct, le CFCM indique qu'il «ne compte pas» participer «à la rencontre du 5 avril organisée dans un cadre strictement partisan», «conformément à son expression publique sur le sujet".

Le Conseil ajoute avoir fait part à M. Guéant «de la vive inquiétude des musulmans de France et de sa crainte, dans ce contexte sensible, de voir ce débat ouvrir grandes les portes des dérives et des malentendus, à l'instar de celui sur l'identité nationale».

«Prenant acte des propos rassurants» du ministre, le CFCM indique encore avoir, durant la rencontre, rappelé «son attachement indéfectible au principe de laïcité qui est une chance pour les musulmans de France puisqu'il place tous les citoyens dans une stricte égalité de droits et de devoirs, indépendamment de leurs convictions religieuses et philosophiques».

Mardi déjà, M. Guéant s'était employé dans un entretien au Monde à rassurer les musulmans et à cadrer le débat de l'UMP sur la laïcité et l'islam, en excluant l'interdiction de l'arabe dans les prêches et en répétant que la loi de 1905 ne serait pas touchée.

L'inquiétude des musulmans, qui se sentent stigmatisés, grandit depuis l'annonce de ce débat voulu par l'UMP, un an après la clôture de celui sur l'identité nationale et à moins d'un mois de l'entrée en vigueur de l'interdiction du port du voile intégral.

La langue en question

«Il est constitutionnellement impossible d'interdire le prône en arabe» car «on n'interdit pas les messes en portugais ou l'hébreu dans les synagogues», a expliqué M. Guéant, alors que le président Nicolas Sarkozy et le patron de l'UMP Jean-François Copé souhaitaient inclure dans le débat la question du prêche en français.

Le secrétaire général de l'UMP a modifié depuis sa position, après une rencontre avec le recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur, et souhaité dimanche que les discours d'avant prêche, et non plus les prêches, «soient en français».

Le débat porterait maintenant essentiellement sur les lieux de prière, la formation des imams, le port du foulard par les collaborateurs occasionnels du service public, certaines pratiques à l'hôpital ou dans les salles de sport, ou encore la viande halal dans les cantines scolaires.

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