Refus de Royal de financer le "plan digues" : "un coup terrible"

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Le refus de la présidente de la région Poitou-Charentes, la socialiste Ségolène Royal, de financer le "plan digues" en Charente-Maritime est un "coup terrible porté" au département, a estimé mercredi le président du conseil général, l'UMP Dominique Bussereau.

"L'annonce (mardi) par sa présidente de la non-participation du conseil régional de Poitou-Charentes (sans que les élus en aient débattu!) à la sécurisation du littoral de la Charente-Maritime est un coup terrible porté à notre département", a-t-il réagi dans un communiqué diffusé à La Rochelle.

"C'est un manque de solidarité vis-à-vis des Charentais-Maritimes, c'est aussi un manque d'humanité et c'est surtout une erreur grave d'appréciation", estime encore l'ancien ministre, qui avait sollicité à plusieurs reprises dans ce dossier l'aide du conseil régional de Poitou-Charentes.

"Les systèmes et les ouvrages de protection appartiennent en effet, soit à l'Etat, soit aux collectivités locales, soit à des associations, soit à des agriculteurs ou conchyliculteurs", poursuit M. Bussereau.

Mardi, Mme Royal avait déclaré qu'elle refusait que le conseil régional de Poitou-Charentes finance dans le cadre du "plan digues" les travaux de remise en état des digues littorales en Charente-Maritime, estimant que ces travaux relevaient de la "seule responsabilité de l'Etat".

"Tous ces abandonnés de Mme Royal, sans aucun débat démocratique au conseil régional, en contradiction avec l'attitude de la région voisine des Pays de Loire vis-à-vis de la Vendée, sont atterrés et indignés par la brutalité de cette annonce", conclut le communiqué.

Selon M. Bussereau, la région Pays de Loire a décidé de financer ce "plan digues" à hauteur de 25%. En Charente-maritime, deux cents millions d'euros sont nécessaires pour financer les 200 km de digues que compte le département, selon Dominique Bussereau qui estime que l'Etat en financera 40%.

Dans un communiqué, la vice-présidente PS du conseil régional, Françoise Mesnard, indique que la région a refusé de participer au financement "sur décision unanime" de la majorité et estime qu'elle "n'est pas le tiroir-caisse de la mauvaise gestion de l'Etat" qui "a la responsabilité des digues et de la protection des populations".

Mme Royal "a fait la preuve de son humanité en étant dès le lendemain de la tempête" Xynthia "au côté des élus et des sinistrés pour apporter des aides concrètes de soutien financier, de relogement et de déplacement", explique encore Mme Mesnard.

Un an après Xynthia (47 morts le 28 février 2010), le gouvernement a lancé un "plan digues" doté de 500 millions d'euros qui doit permettre de conforter près de 1.200 km de digues sur la période 2011-2016.