«L'Europe n'a plus les moyens de vous accueillir», lance Marine Le Pen aux migrants

POLITIQUE La présidente du Front national, en visite dans l'île italienne de Lampedusa, fait campagne contre l'immigration illégale...

A.-L.B. avec Reuters
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La présidente du Front national Marine Le Pen rencontre la presse après sa visite du centre de rétention de clandestins sur l'île italienne de Lampedusa, le 14 mars 2011.
La présidente du Front national Marine Le Pen rencontre la presse après sa visite du centre de rétention de clandestins sur l'île italienne de Lampedusa, le 14 mars 2011. — AP Photo/Antonello Nusca

L'île italienne de Lampedusa, connue pour être le point de débarquement des clandestins africains, est un symbole dont ne pouvait se passer Marine Le Pen. La présidente du Front national s'est rendue ce lundi sur cette île, au sud de la Sicile, pour y dénoncer les «flux migratoires de clandestins».

Actuellement au plus haut dans les sondages, Marine Le Pen a ainsi entendu donner un coup de pouce supplémentaire à la campagne de son parti aux élections de dimanche, où le FN espère gagner ses premiers cantons. Des responsables de gauche ont dénoncé une provocation à six jours du premier tour du scrutin.

«Lampedusa, porte d'entrée de l'Europe»

La présidente du FN est arrivée en début d'après-midi à l'aéroport de Lampedusa, en compagnie du député européen italien de la Ligue du nord Mario Borghezio et du vice-président du FN Louis Aliot. En signe de protestation, une centaine de manifestants a crié: «Les racistes dehors», une banderole en italien affirmant «Lampedusa n'est pas raciste». Marine Le Pen a été accueillie par Bernardino De Rubeis, membre de la Ligue du Nord, parti populiste italien, le maire de Lampedusa qui doit faire face à l'arrivée de milliers de clandestins depuis la mi-février.

Accueillie en qualité de députée européenne, elle a visité le centre de rétention où se trouvent plusieurs milliers d'immigrés clandestins. «J'ai beaucoup de compassion pour vous, j'ai aussi du coeur, mais l'Europe n'a pas la capacité de vous accueillir. Nous n'avons plus les moyens financiers», a-t-elle déclaré à des représentants des milliers de migrants, selon les propos rapportés par son entourage.

Marine Le Pen a ensuite souligné lors d'un point de presse que «pas un seul responsable français, ni un homme politique, ni un conseiller de la présidence de la République n'est venu se rendre compte de ce qui se passe ici». «Lampedusa est la porte d'entrée de l'Europe. Les responsables européens détournent les yeux en tentant de minimiser le risque de flux migratoire», a-t-elle ajouté. La visite de la présidente du FN à Lampedusa a duré un peu plus de trois heures.

En réponse au député européen Daniel Cohn-Bendit qui lui demandait ce qu'elle dirait aux réfugiés, elle a répondu: «Je dirai que si je n'écoutais que mon coeur, je me jetterais à l'eau pour aller les sauver, mais nous nous noyerions tous, parce que ma barque est trop fragile, mon peuple est en train de s'appauvrir».

Les cantonales en ligne de mire

Portée par les sondages, dont certains prédisent sa qualification pour le second tour de la présidentielle, la présidente du FN a durci depuis son accession à la tête du FN en janvier dernier son credo sur l'immigration. Samedi à Toulon, Marine Le Pen a dénoncé une «poussée extraordinaire» de l'immigration en France, énonçant comme elle l'avait fait le mois dernier des chiffres qu'elle dit tenir de «hauts fonctionnaires patriotes»

Ces chiffres censés dénoncer la politique de Nicolas Sarkozy ont été démentis par le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, comme l'avait déjà fait son prédécesseur Brice Hortefeux. Pour l'association France terre d'asile, «l'anti-humanisme de Marine Le Pen n'est pas un projet de société». «A tort, l'immigration inquiète une partie de nos compatriotes qui vivent dans la pauvreté ou avec la peur du déclassement sur fond de chômage, de baisse du pouvoir d'achat, de crise du logement. Le Front national a fait commerce de cette situation en désignant des boucs émissaires commodes», déclare l'association dans un communiqué.

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