Après avoir frôlé la mort, le député socialiste Patrick Roy revient à l'Assemblée nationale

POLITIQUE Il reprendra sa place sur les bancs de l'hémicycle mardi...

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J.DEMARTHON / AFP

Le député PS du Nord Patrick Roy, l'homme à la veste rouge, bête noire de la majorité et icône des fans de musique metal, reprend mardi le chemin de l'Assemblée nationale après avoir frôlé la mort, victime d'un cancer du pancréas.

«Je souffre d'un cancer du pancréas»

En décembre, le maire de l'ancienne ville minière de Denain (Nord), âgé de 53 ans, avait parlé sans fard du mal qui le ronge, lors d'une réunion publique dans sa commune, rompant définitivement avec la tradition des hommes publics qui cachent leur «douloureuse maladie». «Je souffre d'un cancer du pancréas», avait-il lancé à 800 administrés, souvent en pleurs en voyant leur maire décharné et fatigué par la route depuis Paris, où il était traité à l'hôpital Pompidou.

«Il y a quinze jours, les médecins m'ont dit qu'il ne me restait que quelques semaines, voire quelques jours, à vivre», avait-il ajouté, entrant sans fausse pudeur dans le détail des soins. «Les deux premières séances de chimiothérapie n'ont pas amélioré mon état. La troisième semble donner des résultats prometteurs».

«Il faut toujours dire qui on est. C'est pour cela que j'ai parlé de mon cancer»

Dans l'ambulance, au retour, l'homme politique rompu aux rapports de force a pleuré comme un enfant: «Des pleurs de joie. Le retour d'affection a été extraordinaire. Ces gens-là m'ont sauvé la vie», dit-il en mentionnant aussi tous les messages de soutien qu'il a reçus. «Il faut toujours dire qui on est. C'est pour cela que j'ai parlé de mon cancer. C'est plus simple et plus sain. Ce fut une libération». Emu, l'ancien instituteur parle aussi des attentions de ses collègues, tous bords confondus, et de la visite du président de l'Assemblée Bernard Accoyer (UMP) dans sa chambre d'hôpital.

«Il m'a embrassé en partant», dit ce proche de Martine Aubry, régulièrement «recadré» par l'hôte du perchoir pour sa façon potache de compléter l'intitulé officiel des ministres (untel se voit ainsi rebaptisé ministre de l'Emploi, du travail... «et du chôôôômaaaaage»...). Son cancer - l'un des plus virulents - avait été diagnostiqué en octobre, juste après la réforme des retraites, contre laquelle il avait ferraillé des nuits durant.

Fan de musique metal

L'homme à la veste rouge - immanquable à l'heure des questions retransmises en direct - est aussi l'idole des fans de musique metal. Dans une question au ministre de la Culture en mars 2010, l'élu «ch'ti» a défendu les festivals Hellfest, en invoquant les figures tutélaires du genre, Led Zeppelin et Metallica, et en sortant un numéro du mensuel RockHard, sous les huées des députés UMP. Joignant le geste à la parole, la veste rouge, une guitare à la main, a tapé le boeuf avec Mass Hysteria - les rois du metal français - lors d'un festival.

Pour son retour mardi, le miraculé a prévu une question «consensuelle» au gouvernement, et un message de remerciement à tous ses collègues (y compris la députée UMP Laure de la Raudière, qui avait gaffé en annonçant par erreur sa mort sur Twitter fin décembre). «Il y aura aussi un message de réconfort à ces millions de personnes qui ont les mêmes difficultés que les miennes», promet Patrick Roy. Mais, très vite, le député du Nord, très investi dans son mandat, veut reprendre son boulot d'opposant. Retour dès mercredi du ministre de l'Emploi du Travail....et du «chôôômaaaaage»?