Marine Le Pen à Lampedusa pour parler immigration

POLITIQUE Elle ira notamment dans un centre d'accueil des réfugiés...

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Marine Le Pen, lors d'une réunion publique à Lille, le 5 mars 2011.
Marine Le Pen, lors d'une réunion publique à Lille, le 5 mars 2011. — P. HERTZOG / AFP

La dirigeante de l'extrême droite française, Marine Le Pen, qui effectue une percée dans les sondages grâce aux thèmes de l'immigration et de l'islam, se rend lundi sur l'île italienne de Lampedusa où accostent les clandestins venus d'Afrique du Nord.

La visite sera éclair, à peine quelques heures en début d'après-midi sur cette île entre la Sicile et les côtes africaines, où ont accosté depuis quelques semaines des milliers de clandestins fuyant la Tunisie, peut-être la Libye.

La présidente du Front national (FN), qui a succédé à son père en janvier, y rencontrera Bernardino De Rubeis, le maire de Lampedusa et pourrait également se rendre dans un centre d'accueil des réfugiés.

Enjeu des cantonales

Le lendemain à Rome, dans la matinée, elle énoncera devant la presse ses propositions en matière d'immigration, pour stopper «l'arrivée de flux massifs de clandestins à Lampedusa d'abord, puis en France ensuite».

Ce voyage aura lieu six jours avant le premier tour en France le 20 mars des élections, destinés à élire les conseillers siégeant dans les départements, où le FN devrait enregistrer une très forte progression.

Marine Le Pen a le vent en poupe dans les sondages, qui la donnent maintenant au même niveau au premier tour de la présidentielle de 2012 que Nicolas Sarkozy et les candidat potentiels du Parti socialiste.

«Je n'ai pas peur d'aller sur le terrain»

«Je n'ai pas peur d'aller sur le terrain et au plus près des problèmes, c'est le sens de ma démarche. Voir ce qui se passe, parler avec le maire de Lampedusa des difficultés qui sont les leurs, et énoncer les solutions que je propose», dit-elle, interrogée par l'AFP.

Et d'abord, «faire une analyse des raisons de cette immigration», ajoute-t-elle. «On ne comprend pas bien pourquoi les Tunisiens fuient la Tunisie. On pouvait comprendre quand c'était la dictature. On ne comprend pas bien quand c'est la démocratie», dit-elle. «Il y a donc d'autres raisons, liées à l'échec total des organisations internationales chargées de la régulation du monde», poursuit Marine Le Pen.

Pour le Front national, l'Europe, «véritable passoire», fait face aujourd'hui à des «flux migratoires qui aujourd'hui, se comptent en milliers de personnes, mais qui demain peuvent se compter en centaines de milliers de personnes et peut-être même en millions».

«L'épreuve du réel»

Le parti d'extrême droite propose des accords trilatéraux avec l'Italie et l'Espagne «pour que nos marines nationales respectives convoient les bateaux qui arriveraient, jusqu'à leurs côtes d'origine, humainement». Cela éviterait que «ces clandestins ne s'installent sur notre territoire et s'égaillent dans la nature», fait-elle valoir.

Le FN reprend ainsi la main sur son thème fétiche, l'immigration, qui fait son succès et divise la droite, dont une partie est tentée de suivre ses positions.

Cette visite italienne n'a pas soulevé de réactions en France. Seul, le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni, a indiqué jeudi veiller à ce qu'elle «ne soit pas utilisée à des fins de propagande dans le cadre de la politique intérieure française».

Pour le député européen écologiste Daniel Cohn-Bendit, Marine Le Pen «est maintenant à l'épreuve du réel. J'attends donc de voir ce qu'elle proposera comme solutions. Et on va voir si, à Lampedusa, elle aura le courage et le culot de dire, les yeux dans les yeux, aux réfugiés: 'Rentrez chez vous!', discours qu'elle tient au Parlement européen».

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