Les hommes avec lesquels Marine Le Pen pourrait gouverner

FRONT NATIONAL Les sondages aidant, la présidente réfléchit déjà à son équipe dirigeante...

Vincent Vantighem

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Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse le 7 mars 2011
Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse le 7 mars 2011 — HALEY/SIPA

Elle s'y voit déjà. Marine Le Pen réfléchit à la composition de sa possible équipe, si elle venait à remporter l'élection présidentielle de 2012. Même si de bons sondages ne suffisent pas à faire un gouvernement. «C'est son sujet, assure Wallerand de Saint-Just, vice-président du FN et proche de la présidente. Elle y pense et je ne veux pas en parler à sa place.» Politologue spécialisé dans l'extrême droite, Jean-Yves Camus a moins de scrupules. «C'est de la politique-fiction. ça n'arrivera pas, tranche-t-il. Mais si c'était le cas, Marine Le Pen n'aurait pas les compétences en interne pour exercer le pouvoir.»

Dans la tradition républicaine, il est en effet fréquent de promouvoir des parlementaires aux postes de ministres quand il s'agit de constituer un gouvernement. Contrairement aux années 1980, le FN n'en a aujourd'hui ni au Sénat, ni à l'Assemblée nationale... Marine Le Pen devrait donc piocher dans sa garde rapprochée. «Nous avons d'ailleurs constitué des commissions sur chaque dossier important», explique Steeve Briois, secrétaire général du parti.

Lors de son arrivée à la tête du parti, Marine Le Pen a largement remanié ses troupes. Jean-Richard Sulzer, professeur d'économie, et Laurent Ozon, intellectuel spécialiste de l'écologie, ont pris du galon. Dans le bureau politique, on trouve aussi des fidèles marinistes comme Louis Aliot, chargé du projet ou encore Steeve Briois et Bruno Gollnisch. «Mais je ne sais pas où elle peut trouver des ministres parmi ces gens-là, tacle Carl Lang, ex-frontiste. Dans les années 1980, Jean-Marie Le Pen avait autour de lui une équipe solide de cadres. Il y avait des gens comme Bruno Mégret qui sortaient de Polytechnique. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas...»