FN en hausse : les alliés du PS sous la pression d'un "nouveau 21 avril"

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La crainte d'une réédition du 21 avril 2002, avec un FN accédant au second tour, accentue la pression sur les alliés potentiels du Parti socialiste, comme Europe Ecologie-Les Verts, pour qu'ils renoncent à présenter un candidat à la présidentielle, mais l'idée est largement réfutée.

Socialiste le plus en pointe pour une candidature commune de la gauche dès le premier tour après le sondage plaçant Marine Le Pen en tête en 2012, l'ex-numéro un du PS , François Hollande, estime qu'il faut "être capable de rassembler les forces de gauche".

"Alors que nous avons tous, non pas ce sondage en tête, mais le souvenir du 21 avril 2002, est-ce que nous pouvons continuer à nous présenter aux élections avec sept, huit et parfois davantage de candidats de gauche ?", demande le probable candidat à la primaire socialiste.

Prudent, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, juge qu'"on ne va pas aller expliquer aux uns et aux autres qu'ils ne sont pas habilités à présenter des candidats" car le PS "n'a pas une vocation hégémonique" : "ce qu'il faut c'est discuter (entre partis) et garantir aux Français que la gauche sera rassemblée".

Malgré le spectre d'un affrontement Nicolas Sarkozy-Marine Le Pen, la plupart des personnalités alliées du PS ne voient pas d'un bon oeil un désistement républicain au premier tour. Exception faite de José Bové ou Daniel Cohn-Bendit (Europe Ecologie-Les Verts).

Le coprésident des Verts au Parlement européen, qui l'an passé plaidait pour soutenir le candidat socialiste en échange de circonscriptions aux législatives, trouverait "léger de dire aujourd'hui ce qu'il faudrait faire". Mais, répète-t-il lundi dans Le Figaro, si, dans un an, "le FN est toujours à 25%, alors c'est évident qu'une candidature écolo ne se justifiera plus".

Une position qui divise fortement les écologistes. Ainsi Jean-Vincent Placé refuse d'aborder cette hypothèse aujourd'hui, alors que le parlement d'EELV a entériné l'idée d'une candidature "écolo".

A être "d'accord sans conditions pour voter socialiste dès le premier tour", "ils handicapent", selon lui, "la candidature écologiste" et "nous font perdre des circonscriptions" dès avant les négociations post-cantonales avec le PS.

Pointant un Nicolas Sarkozy affaibli par "la crise sociale" et "les questions éthiques" dans son gouvernement, Jean-Vincent Placé minimise le danger et anticipe plutôt un "nouveau 21 avril" en 2012, avec une finale PS-FN.

A la gauche du PS, le Front de Gauche (FG) refuse aussi de se retirer. "On dit candidature unique sans dire sur quels objectifs et quel programme !", lance Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) alors que le PS "s'assoit à la table de M. Papandréou" et que se prépare le pacte de compétitivité européen, sorte de "super traité de Lisbonne anti-social".

"Le peuple français a envie d'un changement profond" et on serait "priés de se regrouper autour des bons bergers" face à Marine Le Pen en "chienne de garde du système lâchée dans la pénombre des idées", argue le probable candidat FG en 2012. Pour lui, "le seul sondage qui puisse avoir une valeur politique sérieuse" est le résultat des cantonales (20-27 mars).

Ces "sondages à répétition sur des scénarios imaginaires" ne sont qu'une "entreprise de spoliation du débat public", fait aussi valoir Pierre Laurent (PCF) qui veut "démonter" la campagne du FN et son soi-disant "virage social et laïc".

Selon les enquêtes, la gauche hors PS totalise de 18 à 22%, entre le candidat écologiste (Eva Joly ou Nicolas Hulot) donné entre 6 et 10%, Jean-Luc Mélenchon et Olivier Besancenot (NPA) 5 à 8% chacun, et Nathalie Arthaud (LO) 1%.