Cantonales: le FN veut briller dans le Pas-de-Calais socialiste

© 2011 AFP

— 

Fort de son implantation dans le bassin minier, le Front national veut percer dans le Pas-de-Calais où sa présidente Marine Le Pen s'est illustrée et où il espère même remporter un canton aux prochaines élections d'un département largement acquis au PS.

"Face à un Parti socialiste qui a verrouillé l'ensemble des institutions dans le Nord/Pas-de-Calais, notre volonté est d'apparaître comme les véritables opposants à ce système", explique Steeve Briois, secrétaire général du FN et candidat dans le canton de Montigny-en-Gohelle.

Il espère que sa formation sera présente au second tour dans une dizaine de cantons, en général pour des duels avec les candidats du PS.

Steeve Briois estime que le relèvement de 10 à 12,5% du seuil d'inscrits pour accéder au second tour constitue dans ce département "un boomerang qui va revenir dans la tête des candidats de l'UMP".

"Dans un certain nombre de cas, dans les cantons où l'UMP sera à un niveau faible et susceptible d'arriver derrière le FN, on n'aura pas de triangulaire, mais des duels gauche-FN", renchérit Bernard Dolez, politologue.

En 2004, "le FN s'était maintenu dans six cantons, et dans ces six cantons, c'était des duels PS-FN au second tour", rappelle-t-il, ajoutant que le parti de Marine Le Pen avait obtenu un bon score de 14% sur l'ensemble du département.

Bernard Dolez évoque notamment "une série de cantons du bassin minier, où la droite était déjà en 2004 très, très faible : face à la gauche, il y a des cantons où il n'y a plus de droite, l'alternative, c'est le FN", notamment à Montigny-en-Gohelle, où le FN avait obtenu 25,5% des voix au premier tour, contre 7% pour l'UMP.

Steeve Briois estime d'ailleurs que ce canton, où il représentera sa formation, est "gagnable", évoquant l'affaire Gerard Dalongeville, référence à l'ancien maire PS de la commune voisine d'Hénin-Beaumont, révoqué en mai 2009 après sa mise en examen dans une affaire présumée de fausses factures.

Au cours des municipales partielles de juillet 2009 qui avaient suivi, la liste FN menée par Steeve Briois et Marine Le Pen avait été battue de justesse avec 48% des voix. Touchée par le cumul des mandats cette dernière a toutefois dû démissionner du conseil municipal pour garder ses mandats au conseil régional du Nord/Pas-de-Calais et au Parlement européen.

Autre facteur qui pourrait favoriser le FN, l'abstention, qui constitue la "première inquiétude" de l'UMP, selon André Flajolet, député du Pas-de-Calais de ce parti, qui craint également un vote sanction.

Mais Bernard Dolez rappelle qu'en 2004, lors des six duels face à la gauche, le FN n'a jamais dépassé 33% de suffrages au second tour.

Il note aussi qu'un scrutin de liste comme les élections régionales est "plutôt favorable" au FN, mais qu'il s'agit ici d'une "cantonale sèche, où les ressorts notabiliaires jouent très fortement".

Le président PS du conseil général Dominique Dupilet devrait être tranquille pour cette élection portant sur 38 cantons dont 31 détenus par la gauche : "On peut faire le pari qu'on sera probablement dans des eaux très similaires", estime Bernard Dolez.