Avec le remaniement, l'Elysée met aussi le cap sur l'économie et le social

POLITIQUE Le choix de personnalités spécialisées sur ces dossiers au secrétariat général de la présidence de la République le prouve...

A.-L.B.

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Nicolas Sarkozy lors de son discours sur la Formation et l'emploi à Bobigny (Seine Saint Denis) le 1er mars 2011 
Nicolas Sarkozy lors de son discours sur la Formation et l'emploi à Bobigny (Seine Saint Denis) le 1er mars 2011  — AFP PHOTO POOL PHILIPPE WOJAZER

De la diplomatie, mais aussi de l’emploi et du social. Si le remaniement a permis à l’Elysée de placer au premier plan les Affaires étrangères, en pleine révolte du monde arabe, il a aussi été l’occasion de mettre le cap sur des dossiers prioritaires aux yeux des Français en ces temps de crise. Au cabinet du président de la République, le départ de Claude Guéant pour le ministère de l’Intérieur a modifié, de facto, la composition des équipes. L’Elysée a promu lundi au poste de secrétaire général Xavier Musca, un ancien de la direction générale du Trésor.

Comme adjoint a été nommé Jean Castex, lui aussi au profil plus technicien que politique. «Des profils différents de celui de préfet», souligne-t-on à l’Elysée, «plus économique et social, pour agir pour la sortie de crise cette année», ajoute-t-on.

500 millions pour l’emploi

Xavier Musca, jusqu’alors secrétaire général adjoint de l’Elysée, est, souligne-t-on à l’Elysée, un artisan des dossiers G8-G20  et fiscalité. Quant à Jean Castex, cet ancien directeur de cabinet de Xavier Bertrand au ministère de la Santé et du Travail travaille depuis de nombreuses années sur les dossiers sociaux. Celui-ci avait d’ailleurs remplacé, en novembre dernier, Raymond Soubie comme conseiller social à l’Elysée.

La priorité donnée à ces dossiers économiques et sociaux, Nicolas sarkozy a également souhaité l’afficher ce mardi, en visite à Bobigny. Le chef de l’Etat y a présenté un «plan de lutte pour l'emploi», fondé sur des moyens supplémentaires contre le chômage et le renforcement de la formation en alternance.

Appelé à une augmentation du nombre d'emplois aidés pour lutter contre le chômage, il a également rappelé sa promesse faite dans l’émission «Paroles aux Français» de TF1, le 10 février dernier: l'Etat va consacrer, en 2011, 500 millions d'euros supplémentaires à la politique de l'emploi.

«Une communication qui tient une semaine»

«Rien de nouveau dans le discours» du président de la République, analyse toutefois Stéphane Rozès, président de CAP (Conseils, analyses et perspectives). «Cette nouvelle politique ou ces nouveaux moyens ne sont que le prolongement des discours tenus lors de l’émission télévisée» du 10 février, rappelle-t-il.

Revenant sur la personnalité de Xavier Musca, le politologue souligne qu’il ne vaut mieux «pas y voir un indicateur d’une priorité économique ou sociale. Le choix du secrétaire général est basé sur la compétence et la confiance du Président. Tout le reste tient du discours, de la communication, qui tient une semaine», ajoute-t-il. Mais, remarque Stéphane Rozès, à force d’occuper tous les dossiers, de ne pas différencier ce qui est stratégique du secondaire, la politique du Président est peu lisible et souffre de l’absence de cohérence».