Débat sur l'islam: "suspicion de manipulation" un an avant 2012, selon Hollande

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François Hollande, ancien premier secrétaire du PS, a jugé mardi que le débat sur l'islam que l'UMP veut organiser "prend une dimension de suspicion de manipulation à un an de l'élection présidentielle", Nicolas Sarkozy songeant conquérir au deuxième tour des voix de l'extrême droite.

"Le débat sur l'islam et la laïcité prend une dimension de suspicion ou de manipulation ou de suspicion de manipulation à un an d'une élection présidentielle", a estimé pour l'AFP M. Hollande.

"Nicolas Sarkozy le fait dans un double souci: il veut installer des thèmes qui sont supposés les siens pour que ce ne soit pas sur des questions économiques, sociales que le débat s'installe".

"Deuxièmement, il réfléchit non seulement au premier tour mais au second tour (...). S'il n'a pas l'électorat du Front national au second tour, il ne peut pas gagner. Pour gagner, sur quels électeurs peut-il espérer faire sa majorité? un peu de Centre, un peu les candidats dissidents de droite, mais son principal réservoir de voix, il est à l'extrême droite", a assuré le probable candidat aux primaires socialistes.

"Ouvrir un débat est tout à fait admissible d'un ministre de l'Intérieur qui veut à un moment modifier les textes", a fait valoir M. Hollande.

"Mais comment admettre un débat au bout de neuf ans de responsabilité comme ministre de l'Intérieur, responsable des cultes puis après comme président avec une forte implication sur les questions de politique intérieure et notamment relevant de la place Beauvau?", a affirmé le député de Corrèze.

"Je ne dis pas qu'il n'y a pas de problème, je dis que ce qui est attendu d'un président qui connaît ses sujets et qui les a plusieurs reprises évoqués, ce sont des solutions pour les lieux de prière, pour les imams ...", a-t-il poursuivi.