Le débat sur l'islam n'en finit pas d'être critiqué à droite

POLITIQUE François Fillon a dû mettre les choses au point...

Avec Reuters

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La Grande Mosquée de Lyon, en décembre 2009. Le lieu de culte a été construit dans les années 1990 dans le 8e arrondissement de Lyon.
La Grande Mosquée de Lyon, en décembre 2009. Le lieu de culte a été construit dans les années 1990 dans le 8e arrondissement de Lyon. — P. FAYOLLE/SIPA

Encore un sujet qui fâche à droite. Le débat sur l'islam en France réclamé par Nicolas Sarkozy n'en finit pas de diviser la majorité avec de nouvelles attaques formulées ce mardi, suivies d'une mise au point de François Fillon.

Le chef de l'Etat a souhaité un débat sur islam et laïcité et a encouragé l'UMP à organiser dans ce cadre une convention sur ce thème, programmée pour le 5 avril.

Fillon tente de rassurer

Lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, le député Nouveau Centre Hervé de Charette s'est fait l'écho des inquiétudes et réserves qui se font de plus en plus entendre, y compris à droite. «Il est bien étrange que dans le pays de la laïcité, les responsables politiques organisent un débat sur la pratique d'une religion, fût-ce la religion musulmane», a-t-il lancé.

«Que dirait-on si les instances politiques se mêlaient d'organiser un débat public sur la place de la religion catholique ou de la religion protestante, ou de la religion juive en France?», a-t-il ajouté.

Le Premier ministre lui a répondu en assurant qu'il s'agissait en réalité d'un débat sur la laïcité qui ne visait pas à stigmatiser les musulmans. «Est-ce qu'il est nécessaire de réévaluer le principe de laïcité et son implication pour tenir compte des évolutions de la société française? La réponse est oui», a martelé François Fillon.

«Une question légitime»

Le Premier ministre a répété qu'il fallait tenir compte de l'augmentation du nombre de Français d'origine musulmane et leur donner les moyens de vivre leur foi «librement et dignement». «La question des lieux du culte est une question légitime», a-t-il dit.

Le chef du gouvernement a également estimé que la question du respect du pacte républicain devait être posée «sans tabou et sans stigmatisation». «Débattre de la laïcité, ce n'est pas être à contre-courant de l'Histoire mais c'est au contraire apporter des réponses à la quête d'identité et de liberté des peuples», a-t-il ajouté.

La pertinence de ce débat a été longuement évoquée mardi lors de la réunion du bureau puis de l'ensemble du groupe UMP de l'Assemblée, ont rapporté plusieurs députés de la majorité.

Un débat «dangereux»

«Nous avons été un certain nombre à dire qu'il fallait bien le cadrer avant de le démarrer car il faut savoir où l'on va. C'est, certes, un débat intéressant mais il faut bien le cadrer», a fait valoir Dominique Perben.

Le président du groupe UMP, Christian Jacob, a confirmé l'existence de points de vue différents parmi ses députés et a annoncé, lors de son point de presse hebdomadaire, la tenue d'une «réunion spécifique» du groupe sur ce sujet à une date à déterminer afin «de faire le point».

Le groupe du Nouveau Centre a enfin fait savoir par la voix de son président, François Sauvadet, qu'il était «extrêmement réservé» sur la tenue d'un tel débat. «Dans le contexte international actuel, nous le considérons comme dangereux», a souligné le patron des députés centristes. «Nous avons décidé très clairement que nous ne participerons pas à ce débat. Il vaudrait mieux le reporter à plus tard». 

 

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