Xavier Musca, de l'ombre à la lumière

PORTRAIT Le nouveau secrétaire général de l'Elysée est un expert des questions économiques...

M.P. avec Reuters

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Xavier Musca, le 14 octobre 2008, à l'Elysée.
Xavier Musca, le 14 octobre 2008, à l'Elysée. — G. CERLES/ AFP

Intègre, discret et Corse. Ce sont les trois adjectifs qui reviennent le plus souvent pour décrire Xavier Musca, le nouveau secrétaire général de l’Elysée. Il partage avec Claude Guéant, son prédécesseur, une longue amitié avec le chef de l’Etat. Les deux hommes se sont connus en Corse, à Vico, d’où sont originaires le nouvel homme fort de l’Elysée et la première épouse de Nicolas Sarkozy. Malgré cette proximité, Xavier Musca n’est dans l’équipe élyséenne que depuis 2009 pour remplacer François Pérol, numéro 2 de l’état-major élyséen, où il était en charge du dossier du G20.

L’essentiel de sa carrière, ce pur produit de la méritocratie française l’a fait au ministère de l’Economie, notamment au sein de la si réputée direction du Trésor. Agé de 51 ans, cet énarque n’a jamais cédé aux sirènes du privé. «C’est l’archétype du haut fonctionnaire dont l’administration française peut être fière», commente dans Libération Michel Pébereau, président de BNP-Paribas. 

Un technocrate

Son expérience de la gestion des crises et ses talents de négociateur - il a notamment participé à l'élaboration du traité de Maastricht - en faisaient le candidat idéal pour mettre en musique la transformation du G20, voulue par Nicolas Sarkozy. A ce titre, il a joué un rôle de premier plan dans la préparation du sommet de Londres, en avril 2009, quand le G20 a décidé de réguler la finance mondiale et de mener la lutte contre les paradis fiscaux.

Xavier Musca a notamment croisé Nicolas Sarkozy au gouvernement entre 1993 et 1995, lorsqu’il conseillait - déjà - Edouard Balladur pour les affaires économiques internationales et que le chef de l’Etat était ministre du Budget. Les deux hommes se retrouveront en 2004, quand Nicolas Sarkozy prendra la tête de Bercy, il y conservera Xavier Musca, directeur de cabinet du précédent ministre, Francis Mer. C’est Nicolas Sarkozy qui le nommera à la direction du Trésor en 2004.

Il devra se faire violence

Discret, fuyant la lumière médiatique, mais homme de caractère. Voire soupe-au-lait, selon des proches.  Depuis qu'il est à l'Elysée, ce faux calme a dû batailler plus d'une fois pour faire prévaloir ses vues face à celles, moins orthodoxes en matière économique, d'Henri Guaino, conseiller spécial du chef de l'Etat.

Si Claude Guéant a toujours aimé mettre le nez dans les affaires du gouvernement, Musca, avec son profil plus technocratique a toujours répugné à le faire. Mais de l’avis général, le nouveau secrétaire général devra se faire violence sur ce point puisque ses fonctions l’obligent à élargir son périmètre. Il lui faudra aussi tenir la maison Elysée au moment où Nicolas Sarkozy se lancera dans la campagne en vue d'un nouveau mandat, pour laquelle le chef de l'Etat affûte déjà ses armes.

Ce passionné d’histoire, au contraire de son prédécesseur ne brigue pas de mandat politique. On lui prête l'ambition de diriger un jour une grande institution internationale, comme le Fonds monétaire international ou la Banque centrale européenne.