Afghanistan, otages: des dossiers chauds pour Gérard Longuet avant 2012

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Afghanistan, otages, réforme des armées : plusieurs gros dossiers nationaux et internationaux attendent le nouveau ministre de la Défense, Gérard Longuet, et peuvent se révéler sensibles à l'approche de l'élection présidentielle.

Nouveau ministre, mêmes chantiers. A son arrivée au ministère, le 15 novembre 2010, Alain Juppé avait fait du sort des otages français dans le monde sa "première priorité".

Son successeur hérite de ce dossier brûlant, suivi également de près à l'Elysée et au Quai d'Orsay. Un dossier qui s'est encore compliqué avec la tentative de libération ratée au cours de laquelle deux jeunes Français otages d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont été tués le 8 janvier au Mali lors d'une opération des forces françaises.

Sept Français sont à ce jour otages dans le monde : 4 au Sahel, 2 en Afghanistan, 1 en Somalie. Les discussions pour leur libération passent, selon Alain Juppé, "par des hauts et des bas", notamment sur le sort des deux journalistes de France 3 retenus depuis 14 mois en Afghanistan.

Pour le nouveau ministre, la prudence sera donc plus que jamais de mise dans les mois qui viennent pour que soit préservée la vie des otages.

Autre dossier majeur à son agenda : l'engagement des forces françaises en Afghanistan, où 4.000 soldats français sont actuellement déployés.

Présente depuis 2001 dans le pays, la force internationale doit obtenir des résultats dans la lutte contre les insurgés si elle veut respecter le calendrier fixé en novembre lors du sommet de l'Otan et envisager de se retirer en 2014. Et les Américains, qui ont porté leurs effectifs à 100.000 hommes, pressent leurs alliés d'intensifier leurs opérations.

Dès cet été, Paris espère un premier succès avec le transfert du district de Surobi, à l'Est de Kaboul, aux forces afghanes. La France pourrait ensuite concentrer ses forces en Kapisa (Nord-Est), où les rebelles restent très actifs.

Cinquante-cinq soldats français sont morts en Afghanistan depuis le début du déploiement de la force internationale. Mais si l'engagement français a longtemps été absent du débat de politique intérieure, la question devrait revenir sur la table à l'approche de la présidentielle.

"Nous n'avons absolument rien à faire en Afghanistan, le plus tôt nous sortirons de là-bas, le mieux ce sera", a ainsi affirmé dimanche l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius, en commentant le remaniement.

Dans ce contexte, Gérard Longuet devra justifier l'engagement français. L'Afghanistan sera même dès jeudi son baptême du feu, avec une séance de questions cribles au Sénat sur la situation dans le pays.

Les forces françaises pourraient également être sollicitées sur un autre théâtre, l'ONU étudiant l'instauration éventuelle d'une zone d'exclusion aérienne en Libye.

Le nouveau ministre arrive aussi aux affaires au plus fort de la modernisation de la Défense nationale fixée dans le cadre du livre blanc de 2008.

Cinquante et une "bases de défense", des zones géographiques au sein desquelles les différentes unités mutualisent leurs moyens de soutien, doivent notamment être mise en place. Et l'effort d'adaptation des armées passe par la suppression de 54.000 emplois d'ici 2015. Une "modernisation" largement sur les rails, que le ministre devra accompagner dans un contexte budgétaire difficile.

Gérard Longuet hérite enfin de l'encombrant dossier de la vente du Rafale, alors que le Brésil, qui reste une piste privilégiée, vient d'indiquer qu'il ne prendra pas de décision à court terme sur l'achat éventuel d'avions de combat.