MAM souhaite «bon vent et bonne mer» à Juppé lors de la passation de pouvoirs

POLITIQUE La passation de pouvoirs entre Michèle Alliot-Marie et Alain Juppé au Quai d’Orsay s’est déroulée dans une atmosphère digne...

Anne-Laëtitia Béraud

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L'ex-ministre Michèle Alliot-Marie descend les marches du ministère des Affaires étrangères après la passation de pouvoirs avec Alain Juppé, au Quai d'Orsay, le 1 mars 2011.
L'ex-ministre Michèle Alliot-Marie descend les marches du ministère des Affaires étrangères après la passation de pouvoirs avec Alain Juppé, au Quai d'Orsay, le 1 mars 2011. — HADJ/CHAMUSSY/SIPA/

Sous les ors de la République, dans la grande salle à manger du ministère des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie a officiellement passé la main à son successeur Alain Juppé ce mardi. Sobre, MAM a débuté son discours en remerciant le personnel du Quai d’Orsay, portant «une estime et une reconnaissance à chacun». Les personnels et les diplomates, postés dans une partie de la grande salle, attentifs et silencieux, ont semblé touchés par cette reconnaissance.

Soulignant qu’«en à peine trois mois (…) les choses bougent», l’ex-ministre est revenue son bilan, ses buts étant de «moderniser, transformer, rénover» l’institution et ses pratiques. S’animant au fil du discours, elle a répété son - très gaullien - «engagement pour la grandeur de la France». Evoquant «que trois mois n’auront pas suffi» pour réaliser sa politique, MAM a souligné que son successeur avait «le matériau» pour accomplir les changements.

«Bon vent et bonne mer»

Emue, elle s’est ensuite tournée vers Henri de Raincourt et Laurent Wauquiez, respectivement ministre chargé de la Coopération et ministre des Affaires européennes, «deux ministres de talent (…), des hommes de coeur, de courage et de loyauté», et les a remerciés chaleureusement pour leur soutien durant les dernières semaines. Prise par l’émotion, les mots hachés, la ministre a enfin souhaité à Alain Juppé d’être «très heureux dans cette maison», lui souhaitant «bon vent et bonne mer».

Après les applaudissements nourris des personnels du Quai d’Orsay, Alain Juppé a pris la parole, sans notes, soulignant qu’il revenait «avec une certaine émotion» au ministère. Il a adressé un hommage chaleureux à Michèle Alliot-Marie, qu’il connaît «bien» depuis longtemps, louant son professionnalisme, sa détermination et sa «hauteur de vue». Reconnaissant que «la vie politique est parfois brutale et injuste», il lui a rappelé qu’«en politique, la roue tourne», lui souhaitant également «bon vent».

«Ce sera très difficile» 

Le nouveau ministre des Affaires étrangères a vanté le «potentiel humain et le sens de l’Etat» des membres du Quai d’Orsay, «qui ont souffert parfois» des critiques émises sur le manque de voix de la diplomatie française. Détaillant plusieurs axes de sa politique, dont, notamment, le développement de l’Union pour la Méditerranée, il a ensuite confié que «ce sera très difficile». «Les raisons sont liées à l’état du monde, imprévisible et donc dangereux», a-t-il ajouté. Visiblement à l’aise, Alain Juppé a conclu son discours en expliquant qu’il avait «beaucoup de joie et beaucoup de confiance à venir» au Quai d’Orsay.

Des mots qui ont visiblement satisfait les personnels, qui s’éparpillaient après le discours de leur nouveau patron. Bruissaient alors les mots de «confiance» et de «grand homme» dans les couloirs du ministère.