Henri Guaino, conseiller spécial de Sarkozy, reconnaît un séjour "privé" en Libye

© 2011 AFP

— 

Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, a passé ses vacances de Noël en Libye, bien avant le début de la révolte populaire qui menace le régime du colonel Mouammar Kadhafi, lors d'un séjour privé, révèlent Les Inrockuptibles à paraître mercredi.

Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire, M. Guaino confirme avoir passé "quatre jours et quatre nuits" autour de la Saint-Sylvestre chez l'ambassadeur de France à Tripoli à titre "privé".

"Je n'ai rencontré personne, sur le tarmac, qui m'a offert de me transporter en avion privé", a assuré la "plume" du chef de l'Etat en référence à la polémique sur les vacances de Noël tunisiennes qui ont provoqué le départ du gouvernement, dimanche, de Michèle Alliot-Marie. "Nous avons même payé nos billets d'entrée pour nos visites archéologiques. J'ai payé notre billet d'avion", a-t-il poursuivi, avant de préciser qu'il n'avait pas rencontré d'officiels libyens. "Il faut sortir de la paranoïa, il n'y avait aucune rencontre, aucune discussion, aucune invitation officielle", a insisté Henri Guaino.

Le conseiller du président a également indiqué avoir informé Nicolas Sarkozy et le secrétaire général de l'Elysée de l'époque Claude Guéant. Henri Guaino confie que Nicolas Sarkozy lui a alors demandé: "tiens, qu'est-ce que tu vas faire là-bas ?"

Outre le séjour tunisien de MAM, qui avait profité de l'avion d'Aziz Miled, un ami homme d'affaires réputé proche du clan Ben Ali, le Premier ministre François Fillon a lui aussi été épinglé pour avoir passé ses vacances de Noël en Egypte, à l'invitation du président déchu Hosni Moubarak.

Dans la soirée sur France 3, Henri Guaino a regretté un "amalgame" entre ces affaires n'ayant "aucun rapport entre elles" et dénoncé aussi le fait d'avoir été "enregistré à (son) insu" lors d'un échange téléphonique avec Les Inrockuptibles.

"Vous trouvez normal qu'un journaliste vous appelle, vous demande si vous avez passé vos vacances en Libye. On vous enregistre à votre insu, on en fait une interview sans vous prévenir. Est ce que vous trouvez ça déontologiquement normal ?", a-t-il demandé.

"Et ce n'est pas tout, après on fait une dépêche et on mélange avec les vacances de François Fillon en Egypte, celles de Mme Alliot-Marie en Tunisie, ça s'appelle de l'amalgame (...) Mais ça ne fait rien il faut instiller le soupçon !", a protesté le conseiller du chef de l'Etat. "On va jusqu'où?"