Hortefeux déjà tourné vers 2012

REMANIEMENT L'ex-ministre devient conseiller politique de Sarkozy...

Alexandre Sulzer

— 

Brice Hortefeux (photo) a été remplacé par Claude Guéant à l'Intérieur.
Brice Hortefeux (photo) a été remplacé par Claude Guéant à l'Intérieur. — FACELLY / WITT / SIPA

Conseiller politique auprès de Nicolas Sarkozy. Voilà ce qu'est devenu –ou plutôt redevenu, puisqu'il avait déjà exercé cette fonction de l'ombre Place Beauvau et à Bercy – Brice Hortefeux, jusqu'alors ministre de l'Intérieur.

C'est François Fillon qui l'a annoncé lundi sur RTL en justifiant cette nomination par «le contexte dont chacun peut comprendre qu'il va être éminemment politique pendant les prochaines semaines et les prochains mois». En clair: l'ami de trente ans du président de la République est rappelé au Château pour préparer 2012.

En creux, le Premier ministre semble noter que Brice Hortefeux n'était plus à la hauteur à l'Intérieur. Claude Guéant, son successeur, ancien secrétaire général de l'Elysée, est en effet «la personne la mieux placée pour relever» les défis «de sécurité et d'immigration».

Punition ou promotion?

Brice Hortefeux «ne suscitait plus l'enthousiasme chez les préfets et les policiers, glisse un bon connaisseur des rouages du ministère de l'Intérieur. Et dans un contexte d'explosion des violences aux personnes, il fallait changer de tête pour regagner des points dans la lutte contre l'insécurité.» Et cet ancien collaborateur de Brice Hortefeux de confirmer: «Il est plus fait pour être l'homme de l'ombre que pour être ministre.»

Autre épine dans la botte de l'ex-premier flic de France: sa condamnation en 2010 pour injure non publique envers un groupe de personnes en raison de leur origine, après ses propos sur les Maghrébins. Une condamnation dont il a fait appel.

«Ce n'est pas cela la motivation première, je ne crois pas à la version du déclassement, confie à 20 Minutes un ministre généralement bien informé. Il va pouvoir s'impliquer davantage dans l'UMP. Mais surtout, il récupère une parole forte, pas contrainte, qui viendra s'ajouter à celle de Claude Guéant qui, lui, aura une prise de parole ministérielle. A l'Elysée, il parlait peu.»

Réaction socialiste

Pour Benoît Hamon, porte-parole du PS, le départ de Brice Hortefeux du gouvernement s'explique par la volonté de l'Elysée de «permettre à Brice Hortefeux d'avoir une parole totalement libre» afin de préparer au mieux les échéances de 2012. «Il y a une compétition entre les thèmes de l'UMP et ceux du Front national et Brice Hortefeux peut être, à ce niveau-là, un atout dans la manche de Nicolas Sarkozy», détaille Hamon.