Pour la presse, Alain Juppé est le «nouvel homme fort» du gouvernement

MEDIAS L'ancien rival de Nicolas Sarkozy est aussi présenté comme un «président-bis»...

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J.P. CLATOT / AFP

Le «nouvel homme fort du gouvernement». C'est ainsi que la presse présente Alain Juppé ce lundi, au lendemain du remaniement ministériel, parlant également de l'ancien rival de Nicolas Sarkozy comme d'un «président-bis» ou encore d'un «sauveur potentiel».

«Juppé devient l'homme fort de l'équipe»

Pour François Sergent (Libération), ce nouveau remaniement illustre la nervosité et l'usure du système présidentiel: «Sarkozy en perdition dans les sondages a avant tout cherché à mettre en ordre de bataille un gouvernement usé quelques mois après un précédent remaniement manqué». Dans ce nouveau jeu de chaises musicales, «Juppé devient l'homme fort de l'équipe», résume Didier Louis (Courrier Picard) qui ajoute que «le chef de l'Etat aborde la dernière étape de son quinquennat décidément affaibli, fatigué, voire fébrile».

Mais à quatorze mois de la présidentielle, «le grand retour d'Alain Juppé au Quai d'Orsay» est aussi «un risque car la nouvelle puissance du maire de Bordeaux signe l'affaiblissement de Nicolas Sarkozy», analyse aussi Bruno Dive dans Sud-Ouest. Ce premier ministre bis, qui avoue ne pas être «sarkolâtre», incarne la rupture dans la rupture: fin de la puissante cellule diplomatique élyséenne, retour des ministres capables de parler d'égal à égal avec le chef de l'État. estime Rémi Godeau dans l'Est Républicain.

Un remaniement qui «enchante» François Fillon

Avec cette nomination, «Alain Juppé endosse un costume dont l'ampleur n'a pas de précédent dans l'histoire du régime. Il n'est pas sûr que cela l'effraie. Mais il n'est pas certain que cela enchante François Fillon, étonnamment discret ces derniers jours. Ni même Nicolas Sarkozy», pense Denis Daumin dans La Nouvelle République.

Dans Midi Libre, François Martin ironise: «Devenu nouvel homme fort du gouvernement, le maire de Bordeaux a posé ses conditions. Plus de Guéant en sous-marin. Ni de diplomatie parallèle. Sarkozy a dû, aussi, virer son ami de trente ans, l'inénarrable mais fidèle Brice Hortefeux. Dur pour le président qui remanie plus vite que son ombre.»

Alain Juppé «représente tout ce que Nicolas Sarkozy exècre»

«Enarque et normalien, il représente tout ce que Nicolas Sarkozy exècre. Mais le Président n'avait pas de meilleure issue», conclut Patrick Pépin dans Nord Eclair. «A cette réserve près que les bouleversements internationaux vont suffisamment l'éloigner de la scène intérieure pour ne pas empiéter sur les plates-bandes de Nicolas Sarkozy», relativise Philippe Waucampt (Le Républicain lorrain).

Dans La Charente Libre, Dominique Garraud pense même qu'«en cette année internationale de présidence française du G20 sur fonds de bouleversements dans le monde arabe, Alain Juppé est en passe de confirmer un statut de président-bis, de sauveur potentiel d'une majorité aux abois.» Etienne Mougeotte dans Le Figaro gage d'ailleurs que la nomination des trois ministres régaliens, dont Alain Juppé, pourra «efficacement aider le capitaine (Nicolas Sarkozy) à barrer dans les 40es rugissants qui se profilent».