Le remaniement régalien de Nicolas Sarkozy

GOUVERNEMENT Nicolas Sarkozy utilise la situation internationale pour justifier le départ de MAM...

Alexandre Sulzer
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Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée, le 27 février 2011.
Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée, le 27 février 2011. — SIPA

Une forme inédite. Dimanche, c’est Nicolas Sarkozy lui même qui a annoncé à 20 h à la télévision le remaniement ministériel. Il a fait précéder l’annonce elle-même par une allocution dans laquelle il justifie le jeu de chaises musicales par l’«immense bouleversement» que représentent les révolutions dans le monde arabe.

Et Hortefeux?

C’est pour «expliquer les enjeux de l’avenir» et pour «protéger le présent des Français», et non en réaction à la polémique Michèle Alliot-Marie, que le chef de l’Etat a dit avoir nommé Alain Juppé ministre des Affaires étrangères, Gérard Longuet ministre de la Défense et Claude Guéant ministre de l’Intérieur. Le sort du locataire sortant de la place Beauvau n’est, lui, pas tranché. Dimanche soir, l’Elysée se contentait d’indiquer qu’il sera «appelé prochainement à des fonctions importantes».

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Plusieurs médias l’annonçaient, eux, conseiller spécial à l’Elysée. Patrick Ollier, compagnon de Michèle Alliot-Marie, sauve sa peau en conservant ses fonctions de ministre des relations avec le Parlement. Quant au remplacement de Claude Guéant, il pourrait bien revenir à Xavier Musca, son adjoint, qui assure d’ores et déjà l’intérim.

«Nous avions assisté à un rétrécissement politique dans l’ancien gouvernement, les libéraux retrouvent une place de choix», se félicite Hervé Novelli, secrétaire général adjoint de l’UMP, en référence à l’entrée de Gérard Longuet. La création de nouveaux secrétariats d’Etat, plusieurs fois annoncée afin de faire rentrer au gouvernement des centristes, n’a pas eu lieu. «Il y aura un ajustement après les cantonales, croit savoir un ténor de droite. Ce remaniement là a été fait pour palier à des difficultés. Il n’a pas été pensé à froid pour quelque chose de grande ampleur.»

MAM

Elle était ministre sans discontinuer depuis 2002. Dimanche, MAM a remis une lettre de démission en mains propres à Nicolas Sarkozy. Elle y dénonce une «cabale» utilisée par certains pour «faire croire à un affaiblissement de la politique internationale de la France». Elle dit quitter donc ses fonctions pour que l’action du Président ne puisse pas en «souffrir».Mais celle qui ne comprend pas ce qu’on lui reproche écrit aussi avoir «le sentiment de n’avoir commis aucun manquement». Dimanche, Nicolas Sarkozy n’a pas évoqué son nom dans son intervention télévisée.