Michèle Alliot-Marie va quitter son poste de ministre des Affaires étrangères

POLITIQUE Elle devrait officialiser sa démission dimanche...

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Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, dans les salons de l'aéroport de Koweït, le 25 février 2011.
Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, dans les salons de l'aéroport de Koweït, le 25 février 2011. — Alexandre Sulzer / 20minutes.fr

Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, présentera sa démission dimanche matin après son retour du Koweit, a affirmé samedi un ministre à l'AFP, confirmant ainsi une information d'I-télé. Interrogée samedi sur son limogeage, Michèle Alliot-Marie a botté en touche en lâchant: «Peu importe ce qui se passera quand j'atterrirai à Paris».

Entretien avec Fillon

Interrogée à Koweit par un journaliste d'Europe 1 sur le fait de savoir si la situation était difficile pour elle humainement, la chef de la diplomatie française a répondu: «Peu importe ce qui se passera quand j'atterrirai à Paris. Aujourd'hui, je suis totalement (...) dans mon travail de ministre des Affaires étrangères». «Pour MAM, c'est fait. Le président a arrêté sa décision, elle s'en va», assurait samedi un ténor de la majorité, confirmant les informations obtenues la veille par l'AFP auprès de deux ministres.

Selon plusieurs sources, la chef de la diplomatie française serait remplacée par le ministre de la Défense, Alain Juppé. Son départ du Quai d'Orsay pourrait avoir lieu dès dimanche après son retour, dans la nuit de samedi, d'un déplacement au Koweit. En fin d'après-midi, Sarkozy, après avoir rencontré trois ex-otages du Sahel à l'Elysée, a reçu à La Lanterne, à Versailles, le Premier ministre François Fillon. L'entretien a duré une heure et demie, selon Matignon. Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, était également présent.

S'il s'est refusé à tout commentaire vendredi lors de son déplacement en Turquie, le chef de l'Etat réfléchit à différents scenarii, selon plusieurs sources gouvernementales. Circonscrire le remaniement au seul remplacement de MAM? Ou en profiter pour effectuer des modifications plus importantes et tenter de redonner un nouveau souffle à son équipe, trois mois seulement après le grand remaniement de novembre et à un peu plus d'un an de la présidentielle?

«Mystère... La boule va rouler sur la roulette pendant tout le week-end», commente un ténor de la majorité. «Je travaille. Je suis 100% mobilisée en tant que ministre des Affaires étrangères. Je ne commente pas les rumeurs parisiennes», a déclaré pour sa part Mme Alliot-Marie à des journalistes en marge de son déplacement au Koweit.

«Elle entraine tout le monde»

Selon 20minutes.fr, elle a indiqué n'avoir aucun «rendez-vous» prévu avec le chef de l'Etat mais qu'elle lui téléphonerait dimanche matin «pour lui rendre compte de son action comme (elle) le fait à chaque fois». Interrogée sur la déclaration de son compagnon et collègue au gouvernement Patrick Ollier, affirmant vendredi qu'il quitterait son ministère des Relations avec le Parlement si elle était limogée, la ministre a répondu: «C'est sans doute une boutade. En tout cas une jolie preuve d'amour».

Selon des ministres, la situation est devenue intenable et «il faut stopper ça» car «Michèle Alliot-Marie a dévissé et entraîne tout le monde». «La séquence de la présidence française du G20 est importante et en tant que ministre des Affaires étrangères, elle sera très en vue, au côté du chef de l'Etat. Or, à son poste, l'action ne permet pas d'effacer l'image» ternie par l'affaire à rebondissements de ses vacances en Tunisie, a expliqué l'un d'eux.

«C'était bien la peine de nous demander pendant des semaines de monter au créneau pour la défendre coûte que coûte... A force de ne jamais vouloir réagir à chaud, on agit toujours avec un train de retard», se lamentait samedi une source parlementaire UMP. Pour remplacer Juppé à la Défense, plusieurs noms circulaient ce week-end, dont celui du patron des sénateurs UMP, Gérard Longuet, mais aussi celui du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, lequel pourrait alors céder la place Beauvau à Claude Guéant.

Le remaniement pourrait aussi voir l'arrivée de deux ou trois secrétaires d'Etat --centristes et libéraux notamment-- plusieurs fois annoncée et différée. Quant à Ollier, son sort semble en suspens et pas obligatoirement lié à celui de sa compagne.