Villepin et Sarkozy ont eu un «dialogue direct, franc et républicain»

POLITIQUE L'ex-Premier ministre a critiqué en creux le débat sur la place de l’Islam…

M.P.

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Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin à l'Elysée à l'issue de leur rencontre, jeudi 24 février 2011
Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin à l'Elysée à l'issue de leur rencontre, jeudi 24 février 2011 — Jacques Brinon/AP/SIPA

Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin se sont-ils réconciliés jeudi pour leur première entrevue depuis deux ans? Apparemment pas, si l’on en croit la courte déclaration de l’ancien Premier ministre à sa sortie de l’Elysée, devant micros et caméras. C’était un «dialogue direct, franc et  républicain», a rapporté l’ancien diplomate à l’issue de l’entretien de plus d’une heure qui devait porter sur la présidence française du G20.

Le président de République Solidaire dit avoir demandé au chef de l’Etat plus «d’Etat, de justice sociale, de rassemblement ». «J'ai eu le souci d'alerter le président de la République sur les grands enjeux et une situation grave sur le plan intérieur et sur le plan international, et j'ai eu le souci de rappeler ce que me paraissent être les grandes exigences face aux difficultés que nous traversons», a-t-il dit.

Attention aux «boucs-émissaires»

Mais plus que le G20, l’ancien patron du Quai d’Orsay a fait le leçon sur le front diplomatique au moment où la diplomatie française tangue avec la révolte dans le monde arabe. Dominique de Villepin a plaidé pour un «renforcement de la France dans le monde». «La France doit être en initiative, en proposition en Europe et dans le monde». «Notre responsabilité est d’être devant pour saluer ce mouvement des peuples, ce mouvement historique (…) non violent et au nom du peuple», a précisé l’ancien Premier ministre.

Il en a profité pour ramener le débat sur le front de la politique intérieure, taclant en creux le débat sur la place de l’islam en France qui va être mené par l’UMP, avec l’aval de l’Elysée. «Dans ces circonstances, il est important de veiller à ce que tout débat sur la laïcité et l’islam ne s’accompagne pas de la recherche de boucs-émissaires», a-t-il déclaré.  Une manière de marquer sa différence encore une fois avec l’UMP, parti qu’il a participé à fonder et dont il ne reprendra pas la carte, a-t-il annoncé cette semaine.