Islam: Juppé veut cadrer le débat pour éviter les dérapages

POLITIQUE Il pointe le risque de division...

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Le ministre de la Défense, Alain Juppé, a déclaré mardi que "les documents qui pourraient intéresser les juges d'instruction" dans l'affaire de l'attentat de Karachi de 2002 seront "déclassifiés", après avis de la commission sur le secret défense.
Le ministre de la Défense, Alain Juppé, a déclaré mardi que "les documents qui pourraient intéresser les juges d'instruction" dans l'affaire de l'attentat de Karachi de 2002 seront "déclassifiés", après avis de la commission sur le secret défense. — Lionel Bonaventure afp.com

Le ministre de la Défense Alain Juppé a réaffirmé jeudi qu'il fallait procéder à un «cadrage» du débat sur la place de l'islam en France «avant de se lancer dans cette discussion qui risquerait de déraper».

«C'est une question que se posent les Français, mais si ce débat n'est pas maîtrisé et encadré (...) il peut déraper. Parce qu'il y a ici ou là, dans certains secteurs de la société française un sentiment d'islamophobie et de rejet de l'étranger qui est manifestement exploité par le Front national», a-t-il fait valoir sur France Inter.

Le risque de la division

«Ca, c'est dangereux, parce qu'aujourd'hui il faut essayer de rassembler et pas de diviser», a ajouté le maire UMP de Bordeaux. Alain Juppé a été l'un des premiers membres de la majorité à s'inquiéter du souhait du président Nicolas Sarkozy de lancer un débat sur la place de l'islam, en soulignant l'échec de celui sur l'identité nationale.

Il s'est dit en outre «pas favorable à ce qu'on rouvre le débat sur la loi de 1905 (...) un des piliers de la République et de la laïcité», contrairement au ministre du Logement Benoît Apparu.

«L'islam a toute sa place en France»

«Je l'ai dit, il y a longtemps, l'islam a toute sa place en France. Il y a quatre à cinq millions de musulmans en France, ils ne sont pas tous pratiquants, mais ils sont musulmans et nous devons respecter leur religion», a ajouté Alain Juppé, en soulignant que c'était «un principe républicain fondamental, la liberté de choisir sa religion et de la pratiquer».

«Aucune religion ne peut imposer ses valeurs à la collectivité républicaine (...) Il faut que l'islam l'accepte». «Voilà le cadrage que je voudrais qu'on fasse avant de se lancer dans cette discussion qui risquerait de déraper», a dit encore l'ex Premier ministre.

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