Ollier ne regrette pas ses relations passées avec Kadhafi mais condamne sa dérive

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Le ministre chargé des Relations avec le parlement Patrick Ollier, ancien président du groupe d'amitié France-Libye, a expliqué mercredi ne pas regretter ses relations passées avec Kadhafi mais a condamné sa dérive "meurtrière".

"Est-ce-que je regrette ce que j'ai fait ? Non, parce que je l'ai fait dans l'intérêt général", a expliqué M. Ollier sur la chaîne Public Sénat.

"A l'époque, la France avait le souci de lutter contre le terrorisme et Al-Qaïda, et l'immigration clandestine et d'établir des relations commerciales utiles avec un pays qui se développait", a-t-il fait valoir.

"J'ai fait en sorte de travailler pour l'indemnisation des victimes de (l'attentat de) l'UTA et j'ai même rencontré à deux reprises les infirmières bulgares et ainsi contribué à leur libération", a-t-il ajouté.

"Alors, je ne peux pas regretter ce que j'ai fait. Ce que je regrette, c'est la dérive du colonel Kadhafi", a-t-il expliqué.

"Tout ce que j'ai fait à la présidence du groupe France-Libye était dans le souci qu'on avance vers la démocratie. Pendant dix ans, il n'y a pas eu de problème. Personne n'a jamais rien dit. Mais aujourd'hui, on se heurte à cette folie meurtrière qui semble avoir frappé le gouvernement libyen", a-t-il regretté.

"Sur le plan international, il (Kadhafi) a tenu ses engagements, il n'y a plus de problème de terrorisme avec lui. Mais sur le plan de la gestion interne de son pays (...) quand on voit que le chef de l'Etat donne l'ordre de tirer sur la foule à l'arme lourde, c'est horrifiant", a-t-il ajouté.

"Les déclarations du colonel Kadhafi sont révoltantes. Je souffre pour le peuple libyen. Je suis l'ami du peuple libyen", a-t-il martelé.

Interrogé sur ses déclarations passées lorsqu'il avait estimé en 2007 que le colonel Kadhafi n'était plus le même qu'il y a vingt ans et avait soif de respectabilité, M. Ollier s'est refusé à parler d'aveuglement.

"Les deux ou trois fois ou j'ai vu Kadhafi en tête à tête, avec l'ambassadeur et des interprètes, il m'a dit qu'il souhaitait intégrer le concert des nations grâce à la France. Il disait avoir beaucoup d'admiration pour le général de Gaulle et Jacques Chirac qui s'était prononcé contre la guerre en Irak", a-t-il fait valoir.

"Et lui rendant visite, je lui avais offert +L'esprit des lois+ de Montesquieu en pensant que cela serait utile qu'il puisse le lire. Visiblement, quand on voit ce qui se passe, je pense qu'il ne l'a pas lu", a-t-il constaté.