Au PS, la primaire pourrait être plus compliquée que prévu

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Dominique Strauss-Kahn qui sonde la détermination de François Hollande, Benoît Hamon et Harlem Désir qui soutiennent Martine Aubry: au PS, la primaire que certains annonçaient comme un simple processus de confirmation il y a quelques semaines, pourrait se compliquer.

Avant de clore son séjour parisien par le 20h00 de France2 dimanche, DSK a rencontré François Hollande dans un appartement du quartier Montparnasse, pour "jauger" l'ancien numéro un du PS qui lui a fermement répété sa détermination à s'inclure dans le processus de désignation du candidat pour la présidentielle.

Dès le départ du patron du FMI pour Washington, Benoît Hamon et Harlem Désir, porte-parole et numéro deux du PS, ont clairement fait comprendre que pour eux, la meilleure candidate était Martine Aubry, plus à même de rassembler la gauche. Une opinion partagée par plusieurs élus dont le député-maire PS de Toulouse Pierre Cohen qui la juge plus légitime pour aller à la bataille en tant que première secrétaire du parti.

"On n'est pas dans le secret des dieux mais il y a effectivement des mouvements qui s'observent", note, auprès de l'AFP, Jérôme Fourquet (Ifop). Après les "signes subliminaux" envoyés par "le favori" DSK ce week-end, "si le scénario d'une primaire de désignation se confirme, ça voudrait dire que certains candidats potentiels de premier plan, comme Martine Aubry ou François Hollande, jettent l'éponge avant le début du match", poursuit le politologue.

Mais "est-il bien vérifié" que "Martine Aubry n'ira pas contre lui?" et "qu'en est-il de François Hollande?", demande-t-il.

Mme Aubry a répété que DSK et elle n'iraient pas l'un contre l'autre. "Ca fait un an et demi qu'on le dit (...) Rien ne changera", a-t-elle dit mercredi sur BFMTV.

En apportant un soutien "voyant" à la patronne du PS, explique M. Fourquet, l'aile gauche qui n'a pour l'instant pas de candidat "essaie de peser, de la décider et de la faire dévier de cette trajectoire choisie" au départ.

Dans tous les cas, Martine Aubry "a un rôle stratégique" : "si elle décide d'y aller, ça complique la tâche de DSK et si elle décide de se rallier à lui, le match est joué", argue-t-il.

Et le sondeur de noter jusqu'ici une "grande stabilité des souhaits des sympathisants de gauche" : DSK "toujours en pole position, Martine Aubry en deux, Ségolène Royal et François Hollande assez loin derrière" puis les "petits candidats (Arnaud Montebourg, Manuel Valls) sur des scores très faibles".

Mercredi, entre une visite au stand de la FNSEA, un mot aux Jeunes Agriculteurs, un verre de Lussac Saint-Emilion et un morceau de boulette d'Avesnes de sa région Nord-Pas-de-Calais sur le Salon de l'agriculture, la maire de Lille n'a, elle, pas dit un mot sur ses soutiens de poids pour 2012. Mais "ça lui fait plaisir", assure un proche.

"Elle va continuer à tracer sa route", confie un responsable, soulignant qu'il y aura bien avec DSK, Laurent Fabius et aussi Bertrand Delanoë, "une discussion au moment de poser la candidature" pour la primaire. "Les cartes n'ont jamais été battues différemment", "elle est capable d'y aller et elle est capable de s'effacer", assure-t-il.

Actuellement, trois ou quatre potentiels candidats (DSK, Aubry, Hollande et parfois Royal) paraissent en situation de battre Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle dans les sondages. "Ca traduit une montée des socialistes" dans un "climat favorable" en interne, estime un responsable, ironisant : ce sont des "problèmes de riches", "il y a deux ans, on nous disait que le PS était mort!"