Au Salon, Martine Aubry plaide pour une "agriculture de proximité"

© 2011 AFP

— 

En visite près de trois heures au Salon de l'agriculture mercredi, Martine Aubry a plaidé pour une "agriculture de proximité" et une "juste" rémunération des paysans, à 14 mois de la présidentielle.

Accueillie à son arrivée peu après 9h00 par une vache parthenaise de Poitou-Charentes (la région de Ségolène Royal), la patronne du PS a, devant une foule de caméras et de photographes, souligné que "les produits agricoles ne sont pas des produits comme les autres".

"Il ne faut pas les laisser dans la concurrence, sans règles, or aujourd'hui toutes les règles ont été peu à peu éliminées, je pense aux quotas laitiers, aux stocks alimentaires nécessaires pour réguler les prix et les revenus des agriculteurs", a-t-elle ajouté.

"Il faut des règles", et "si on veut produire durable, il faut avoir une agriculture de proximité" et "de qualité", a-t-elle affirmé.

Mais "pour cela, a-t-elle argué, il faut accompagner les agriculteurs" qui ne "demandent pas d'assistance" mais simplement "que leur travail soit rémunéré à leur juste valeur" alors qu'"ils sont pris entre l'augmentation des matières premières (...) et la grande distribution". Rappelant qu'il y a eu "400 suicides en un an", elle a déploré qu'"on abandonne aujourd'hui les agriculteurs alors que tout le monde en a besoin".

L'occasion aussi pour elle de rappeler ses racines paysannes. "Comme beaucoup de Français, mes grand-parents des deux côtés étaient d'une famille de paysans", j'ai ça "au fond de moi", a-t-elle fait valoir, avant d'entamer sa visite, de sourires en bises aux enfants et photos avec les plus grands.

Au stand de l'Aquitaine, avec le président PS de région Alain Rousset, un homme lui a lancé : "on a vu beaucoup de présidents ici! c'est à vous bientôt!". "On ne sait jamais!", a répondu Mme Aubry souriante, après avoir goûté une omelette aux truffes du Périgord et s'être vu offert un pot de piments d'Espelette.

Arnaud Montebourg, candidat déclaré à la primaire du PS, la croise, en croquant une pomme du Limousin. "Il faut manger des pommes, ça te rappelle rien?", l'interpelle le député de Saône-et-Loire, allusion à la campagne victorieuse de Jacques Chirac en 1995.

Un peu plus loin, Bertrand Delanoë vient saluer "Martine", en habitué du salon "pour ne pas perdre la relation avec la nature", explique le maire de Paris.

Entre une visite au stand de la FNSEA, un mot aux Jeunes Agriculteurs, un verre de Lussac Saint-Emilion et un morceau de boulette d'Avesnes de sa région Nord-Pas-de-Calais, la maire de Lille ne dira pas un mot sur les derniers soutiens à sa candidature pour 2012 de Benoît Hamon et Harlem Désir.

"Elle va continuer à tracer sa route", confie un proche, soulignant qu'il y aura avec Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et aussi Bertrand Delanoë, "une discussion au moment de poser la candidature" pour la primaire. "Elle est capable d'y aller et elle est capable de s'effacer", glisse-t-il.

En attendant, comme une pierre supplémentaire pour 2012, Martine Aubry doit sortir la semaine prochaine un livre intitulé "Pour changer de civilisation" (Editions Odile Jacob), écrit avec un collectif de cinquante chercheurs.