Kadhafi et la France: des déclarations à géométrie variable

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Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a été l'objet de déclarations contrastées du pouvoir politique français, en particulier lors de sa visite de cinq jours en France à l'invitation du président Nicolas Sarkozy, du 9 au 14 décembre 2007.

RAMA YADE, secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme:

- avant la visite: "Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort".

- pendant la visite, après un "rappel à l'ordre": "La visite en France du président Kadhafi reçoit, je le répète, le soutien de l'ensemble du gouvernement".

BERNARD KOUCHNER, ministre des Affaires étrangères:

- avant la visite: "De temps en temps, il faut avaler son chapeau dans ce métier".

- pendant la visite: "Lorsqu'il a parlé des droits de l'Homme ici, dans notre pays et en Europe, c'était assez pitoyable, et nous le condamnons".

PATRICK OLLIER, créateur deux ans plus tôt de l'association France-Libye, et président du groupe parlementaire d'amitié France-Libye, juge "inacceptables" les déclarations de Yade et Kouchner. "Le rétablissement de bonnes relations avec la Libye, c'est assurer la paix dans la Méditerranée".

- Sur Kadhafi: à Tripoli, "il m'a reçu sous sa tente". "Il a une profonde admiration pour le général de Gaulle, pour Jacques Chirac et pour Nicolas Sarkozy".

NICOLAS SARKOZY:

- en juillet 2007, le président Sarkozy qui s'était personnellement impliqué pour faire libérer les infirmières bulgares, effectue une courte visite à Tripoli "pour aider la Libye à réintégrer le concert des nations". Reçu par Kadhafi, il y signe un accord sur le nucléaire civil.

- pendant la visite de Kadhafi en France: "J'ai dit au président Kadhafi combien il fallait continuer à progresser sur le chemin des droits de l'Homme, dans tous ses aspects".

De son côté, le colonel libyen affirme que ce sujet n'a pas été évoqué: "Nous sommes amis et nous coopérons".

CLAUDE GUEANT, secrétaire général de l'Elysée:

- "Il est maintenant possible d'avoir des relations normales avec la Libye. C'est souhaitable y compris pour l'équilibre de cette région du reste".

BORIS BOILLON, le 25 novembre 2010 sur Canal +, avant sa prise de fonction comme ambassadeur français en Tunisie:

- "Kadhafi a été terroriste, il ne l'est plus, il a fait son autocritique (...) Il ne faut pas laisser libre cours aux clichés. Dans sa vie on fait tous des erreurs et on a tous droit au rachat".