Sarkozy/Villepin: retrouvailles sous pression des rivaux de la majorité

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Nicolas Sarkozy et son rival Dominique de Villepin se retrouvent jeudi à l'Elysée dans le cadre des consultations du chef de l'Etat sur le G20, mais une réconciliation ne semble pas à l'ordre du jour l'ex-Premier ministre ayant annoncé qu'il quitterait l'UMP en 2011.

En déplacement à Lyon mardi, Dominique de Villepin a lâché l'information sans tambour ni trompette, en réponse à la question d'un étudiant: non, il ne renouvellera pas son adhésion au parti présidentiel en 2011.

Mercredi, Brigitte Girardin, secrétaire générale du parti villepiniste République solidaire (RS) a confirmé à l'AFP ces propos, également repris sur le compte Twitter et la page Facebook de l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac. Un pavé dans la mare à la veille du rendez-vous de l'Elysée.

Officiellement, l'entretien entre les deux hommes --qui ne se sont pas vus depuis deux ans-- s'inscrit dans le cadre des consultations engagées par Nicolas Sarkozy, président en exercice du G8 et du G20, avec les anciens présidents et Premiers ministres depuis 1997.

Mais la rivalité politique et personnelle qui les oppose donne à la rencontre un caractère singulier qui n'a pas manqué de susciter des rumeurs sur un éventuel rapprochement.

Depuis la présidentielle de 1995, où Sarkozy soutenait Balladur et Villepin Chirac, l'affrontement des deux hommes n'a cessé de croître jusqu'à l'affaire Clearstream où le président était partie civile contre son rival, poursuivi pour "complicité de dénonciation calomnieuse".

Relaxé en première instance en janvier 2010, Dominique de Villepin doit passer le cap du procès en appel prévu en mai s'il veut pouvoir se présenter en 2012. Nicolas Sarkozy espère de son côté rassembler toute la droite sur ses couleurs.

Dans ce cadre, l'annonce du retrait de constitution de partie civile de Bernard Squarcini, patron de l'antiterrorisme français et proche du chef de l'Etat, avait été perçue comme un signe d'apaisement.

"Je resterai insensible à toute espèce de danse du ventre. Je ne suis pas négociable. Je ne suis pas quelqu'un qu'on achète", a cependant prévenu l'ex occupant de Matignon.

"Dominique de Villepin a répondu, en républicain, à l'invitation" du président, explique Brigitte Girardin, à propos du rendez-vous de jeudi, réfutant toute idée de rapprochement.

"Tout cela est destiné aux journalistes. L'objectif, c'est de décrédibiliser sa candidature et de semer le trouble chez nos partisans. C'est de l'enfumage", fait-elle valoir.

Courant janvier, Jean-François Copé avait annoncé qu'il souhaitait cette réconciliation après avoir déjeuné avec Dominique de Villepin. Mercredi, le patron de l'UMP a dit regretter "profondément" sa décision de quitter le parti présidentiel.

Vendredi dans le Figaro, le ministre de la Défense Alain Juppé, lui aussi proche de Jacques Chirac, avait regretté que les tentatives de réconciliation Villepin-Sarkozy aient échoué : "On a raté le coche. Peut-être que le coche n'est pas définitivement passé".

Mais, du côté du président de RS, qui dit haut et fort depuis la création de son parti en juin vouloir présenter une alternative en 2012, l'heure n'est pas à l'apaisement.

S'il a semblé un moment avoir mis son antisarkozysme de côté pour se consacrer à son projet présidentiel, ses propos décrivant M. Sarkozy comme "un problème pour la France" ou sur l'attentat de Karachi en 2002 ont démontré que la hache de guerre n'était pas enterrée.

Dans le dossier Karachi, il a confirmé l'existence de "très forts soupçons de rétrocommissions" liées à la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole.