L'intervention de Kadhafi "fait peur", estime la France

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L'intervention télévisée mardi du dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, "fait peur", a déclaré mercredi le ministre français des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, en annonçant de nouvelles rotations d'avions pour aller chercher en Libye des ressortissants français.

"Cette vidéo fait peur, elle donne des frissons dans le dos: le langage qui est utilisé, l'outrance et la violence des propos, l'absence totale de perspective politique, la France condamne tout cela avec la plus ferme détermination", a affirmé le ministre sur la chaîne de télévision Canal Plus.

Mouammar Kadhafi a assuré dans une allocution télévisée d'une heure et demie qu'il resterait en Libye en tant que "chef de la révolution", promettant qu'il se "battrait jusqu'à la dernière goutte de (son) sang" et menaçant les manifestants armés de se voir infliger "la peine de mort".

"Mais il y a encore des Français qui sont là-bas", a relevé Laurent Wauquiez. "On doit faire attention à tout ce que l'on dit, il y a la vie de Français qui est en jeu. Notre première préoccupation: on ramène tout le monde à la maison", a-t-il ajouté.

Deux avions militaires affrétés par la France avec à leur bord quelque 500 rapatriés sont arrivés à l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle dans la nuit de mardi à mercredi.

"Un premier avion transportait 167 personnes, dont 70 enfants. Un deuxième avion comprenait à peu près 200 personnes. On a aidé également des ressortissants étrangers qui ont besoin de nous. Ces avions vont repartir, refaire une rotation, pour ramener tout le monde à la maison", a précisé Laurent Wauquiez.

Il reste environ 300 Français sur place, selon le ministre. Environ 750 Français vivent en Libye en temps normal.

"La France étudiera très vite, dès qu'on aura résolu le problème des ressortissants français, la prise de sanctions contre le régime de Kadhafi", a aussi souligné le ministre français. Plus de 230 personnes ont été tuées depuis le 15 février en Libye, selon l'ONG Human Rights Watch (HRW), lors de manifestations demandant le départ du colonel Mouammar Kadhafi, qui dirige le pays depuis 1969.