Présidentielle: Un week-end aux allures de coup d'envoi pour la candidature DSK

PRIMAIRES Dominique Strauss-Kahn sera dimanche soir l'invité du JT de France 2...

Avec Reuters
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Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, arrivant au sommet du G20 à Paris, le 19 février 2011
Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, arrivant au sommet du G20 à Paris, le 19 février 2011 — AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA

DERNIERE MINUTE: «C'est au FMI que je travaille» pour l'instant a déclaré DSK qui refuse de répondre à la question de savoir s'il briguera un deuxième mandant au FMI.

C’est ce qui s’appelle du teasing politique. Candidat présidentiel virtuel, Dominique Strauss-Kahn a savamment dosé ses déclarations à la presse tout au long du week-end, entretenant le suspense sur ses intentions pour 2012. Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) doit clore son séjour à Paris, où il est venu pour les besoins du G20, par une interview au journal télévisé de France 2 dimanche soir.

Selon le Journal du Dimanche, l'ancien ministre socialiste de l'Economie pourrait y annoncer qu'il ne briguera pas de deuxième mandat, ce qui enverrait, écrit l'hebdomadaire, un «gros signal» aux Français. Le mandat actuel de Dominique Strauss-Kahn courant jusqu'en novembre 2012, il devra démissionner avant terme s'il entend être candidat à la prochaine élection présidentielle.

Le «compromis de Washington» veut qu'un Européen dirige le FMI et un Américain la Banque mondiale mais, à plusieurs reprises ces derniers mois, il a souhaité qu'un candidat des pays émergents puisse obtenir ce poste à l'avenir, donnant le sentiment qu'il préparait sa succession. Les statuts du FMI lui interdisent de parler de politique nationale sous peine d'éviction immédiate, ce qui n'empêche pas les pirouettes sémantiques dont lui et ses proches sont devenus des experts depuis trois ans.

«2012, c'est parti»?

Son épouse, la journaliste Anne Sinclair, a ainsi relancé l'idée d'un retour prématuré en France en confiant qu'elle ne souhaitait pas qu'il fasse un deuxième mandat au FMI. «Selon nos informations, "DSK" pourrait ce soir exaucer le voeu d'Anne, sans pour autant dire qu'il est candidat à la présidentielle», peut-on lire dans le Journal du Dimanche. «2012, c'est parti», titre l'hebdomadaire, reprenant les mêmes mots que Le Nouvel Observateur, qui assure également dans sa dernière édition que Dominique Strauss-Kahn a pris sa décision et qu'il sera candidat.

Outre France 2, le patron du FMI s'est livré aux questions des lecteurs du Parisien -un entretien qui doit paraître lundi et dont rien n'a filtré sauf une petite phrase sur la France qui lui manquerait «comme à tout expatrié». Dans un entretien accordé à CNN qui doit être diffusé dimanche soir, Dominique Strauss-Kahn botte aussi en touche. «Probablement que lorsque vous êtes loin, les gens vous voient comme le Père Noël, mais je ne suis pas le Père Noël», déclare-t-il selon le site Internet du Journal du Dimanche qui s'est procuré le script.

Samedi, à la clôture du G20, le «managing director» du FMI a éludé les questions sur son avenir national tout en prenant soin d'insister sur les méthodes moins brutales employées par l'institution depuis qu'il la dirige. Son plaidoyer en faveur du «nouveau FMI» qui veillerait plus à épargner les plus fragiles a pris des airs de bilan teinté de social, dans la perspective de la présidentielle et d'un affrontement avec Nicolas Sarkozy. Devant l'insistance des journalistes, il a cependant assuré qu'il n'avait «rien d'autre à l'esprit» que le FMI.

Hamon n'y croit pas mais tend l'oreille

Réduits à l'exégèse de propos souvent contradictoires, certains dirigeants politiques laissent pointer leur agacement. Dans Le Parisien Dimanche, le président du MoDem, François Bayrou juge «ridicule» toute cette «agitation». «Politiques et médias, au lieu de se laisser manipuler par les agences de communication, devraient avoir un peu de sagesse et d'humour», ajoute le dirigeant centriste.

Pour le Vert Noël Mamère, interrogé sur Radio J, «les équipes qui sont autour de DSK s'arrangent bien pour faire monter la mayonnaise (...) mais ce n'est que de l'apparence». Au PS, on attend l'entretien de France 2 pour tirer des conclusions. Même s'il se dit persuadé que Dominique Strauss-Kahn ne se lancera pas dans la course à l'Elysée, le porte-parole du parti, Benoît Hamon, a prévu de faire une pause dans ses vacances bretonnes pour suivre le journal télévisé de France 2.