Critiques envers DSK (3/4): Déconnecté des réalités, il représente «la gauche ultra-caviar»

POLITIQUE Les critiques récurrentes envers DSK, et les façon pour lui de se défendre...

Maud Pierron

— 

Dominique  Strauss-Kahn et Anne Sinclair, le 5 février 2011 à New York.
Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair, le 5 février 2011 à New York. — MCMULLAN CO/SIPA

Dominique Strauss-Kahn est sous le feu des critiques. De la droite comme de la gauche radicale puisque Jean-Luc Mélenchon en a fait un de ses principaux adversaires. La petite phrase d’Anne Sinclair la semaine dernière a rendu sa candidature potentielle en 2012 un peu plus probable. Provoquant un déluge nouveau d’attaques de la majorité. D’ici à son retour en France, vendredi, 20minutes.fr fait le tour des critiques les plus récurrentes adressées au directeur du FMI.  Et sur les réponses que ce dernier peut y apporter.

Troisième volet: Déconnecté des réalités, il représente «la gauche ultra-caviar»  

L’attaque n’est pas nouvelle mais est revenue ce week-end avec force dans la bouche d’élus de la majorité. «C'est quand même la gauche ultra caviar», a lâché Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur en parlant du socialiste. «A côté de lui, je passerais pour un pasteur méthodiste ou un luthérien rigoriste. Ma montre, à côté de la sienne, apparaîtra comme un vulgaire modèle», s’était même réjoui Nicolas Sarkozy devant des députés UMP au sortir de sa période «bling bling». DSK, c’est même le représentant des «bobos», a complété Christian Jacob. Et donc déconnecté des réalités de la France, «une énorme faille», a renchéri  Jean-François Copé.

La défense

Un appartement place des Vosges, une maison à Washington, un riad à Marrakech…  Le couple Strauss-Kahn – Sinclair dispose d’un patrimoine assez impressionnant. Le directeur du FMI est par ailleurs doté d’un confortable salaire au FMI (378.000 euros annuels). Ce n’est pas un secret mais cette richesse - qui vient de l’héritage d’Anne Sinclair - reste un angle d’attaque. «Un réflexe de classe de la droite selon lequel les gens de droite ont de l’argent, pas les gens de gauche», estime  François Patriat, sénateur de la Côte d'Or et soutien affirmé de DSK.

N’empêche l’argument est pris au sérieux si l’on en croit la mission déminage en cours. L’ex-présentatrice de TF1 va d’ailleurs publier un livre chez Grasset sur son grand-père collectionneur, Paul Rosenberg, marchand de Picasso. Histoire de couper court à tous les fantasmes sur l’origine de sa fortune. Dans Le Point de la semaine dernière, centré sur DSK, un article explique que le riad de Marrakech du couple explique que la propriété n’est «pas un palais des Mille et une nuits» comme décrit parfois mais «pas  une chaumière non plus».

Les proches de DSK, eux, ne comprennent pas ces critiques. «Son patrimoine, ce n’est pas un sujet. Jamais on a jugé de la crédibilité d’un homme politique sur son salaire ou sa fortune», s’agace François Patriat. «Les Français ne sont pas dupes. Ils savent ce que DSK gagne et qu’Anne Sinclair n’est pas pauvre, mais ce qui leur importe, c’est le projet qu’il pourrait présenter», assure-t-il.     

Alors «gauche ultra caviar» DSK? «Plutôt gauche couscous», a répondu son lieutenant Jean-Christophe Cambadélis, en référence à son enracinement à Sarcelles, ville populaire du Val-d’Oise.  «On ne peut pas dire que des hommes et des femmes qui gagnent de l'argent, qui ont des responsabilités à l'échelle internationale sont incapables de comprendre la situation française et la situation des Français. C'est pas très compliqué, ça n'a pas beaucoup changé depuis cinq ans, ça s'est aggravé», a-t-il ajouté.

Lire le premier volet: DSK ne rassemble pas la gauche
Lire le deuxième volet: En-a-t-il vraiment envie?
Lire le quatrième volet: Il est de droite