Présidentielle: La droite attaque DSK, le PS serre les rangs

POLITQUE Le directeur du FMI a concentré les critiques ce week-end...

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Dominique Strauss-Kahn, le 4 décembre 2010, à Bruxelles.
Dominique Strauss-Kahn, le 4 décembre 2010, à Bruxelles. — G. GOBET/ AFP

La petite phrase d'Anne Sinclair la semaine dernière a provoqué un feu nourri contre DSK ce week-end. Dominique Strauss-Kahn, qui a fait un pas la semaine dernière vers sa candidature à la présidentielle française de 2012, subit depuis quelques jours de violentes attaques de la droite, qui voit en lui l'adversaire le plus dangereux pour Nicolas Sarkozy.

La charge la plus forte est venue dimanche du patron des députés de la majorité présidentielle, Christian Jacob: Dominique Strauss-Kahn (dit DSK) ne représente «pas l'image de la France, l'image de la France rurale, l'image de la France des terroirs et des territoires, celle qu'on aime bien», a-t-il dit.

Ces propos ont fait bondir la gauche. Pour le député socialiste Pierre Moscovici, «cela ressemble un peu à une rhétorique de l'extrême droite de l'entre-deux-guerres», qui s'en prenait alors aux socialistes juifs, en les désignant comme «le parti de l'étranger».  Le porte-parole du PS Benoit Hamon a dénoncé «les relents très moisis» de cette déclaration contre le patron du FMI, qui est juif.

«La droite commence à poser des mines»

Selon le politologue Stéphane Rozès, président de la société de conseil Cap, ces attaques sont la conséquence des confidences de l'épouse de DSK, la journaliste Anne Sinclair. Celle-ci a affirmé jeudi à l'hebdomadaire Le Point qu'elle «ne souhaitait pas» que son mari fasse un second mandat à la tête du FMI.

Cette petite phrase a été immédiatement interprétée comme un pas supplémentaire de DSK, favori des sondages, vers sa candidature aux primaires du PS qui auront lieu à l'automne. Ses fonctions au FMI l'obligent à un strict devoir de réserve.

«La droite commence à poser des mines. C'est un avertissement à DSK pour lui dire que la bataille sera rude, que tous les coups seront permis et pour le faire réfléchir avant qu'il ne prenne définitivement sa décision», estime Stéphane Rozès.

La vie privée  de DSK attaquée?

D'autres députés de droite s'en sont pris au train de vie de DSK, qui possède un riad à Marrakech et incarne selon eux «la gauche ultra-caviar». Une fortune en partie due à sa femme Anne Sinclair, petite fille d'un grand marchant d'art.

Et beaucoup pensent aussi que la droite n'hésitera pas à s'en prendre à la vie privée de DSK, réputé être un séducteur impénitent. Cela avait failli lui coûter son poste au FMI au début de son mandat, après une liaison avec une économiste.

Pour les proches de DSK, comme le député Jean-Marie Le Guen, la cause est entendue: «les sarkozystes ont déjà désigné en DSK l'adversaire qu'ils redoutent. Nous savons désormais qu'ils utiliseront les méthodes les plus ignobles pour garder leur pouvoir», a-t-il jugé.

Difficile d'attaquer un absent

Selon Stéphane Rozès, la droite «pense très certainement que DSK serait le candidat socialiste le plus dangereux car sa direction du FMI, où il a été nommé grâce à Nicolas Sarkozy, rend difficile des attaques contre une gauche archaïque sur l'économie».

Pour le sondeur Frédéric Dabi, de l'institut Ifop, la droite est surtout «embarrassée» par le silence de DSK. «C'est difficile de combattre quelqu'un absent du champ politique. Jusqu'à présent, la droite se rassurait en disant qu'il n'irait pas à la présidentielle», estime-t-il.

Un avantage pour DSK?

Paradoxalement, cette polémique a l'avantage de faire parler de DSK alors que les Français commencent à se lasser de son silence sur ses intentions. Les sondages montrent une érosion de son avance face à ses adversaires potentiels aux primaires, comme la première secrétaire du PS Martine Aubry, ou déclarés comme l'ex-premier secrétaire François Hollande ou Ségolène Royal, déjà candidate du PS en 2007.

Selon le calendrier adopté par le PS, le dépôt des candidatures à ces primaires s'ouvrira le 28 juin, la clôture intervenant le 13 juillet. Le candidat sera désigné à l'automne 2011 avec le 1er tour le 9 octobre, le second une semaine après.