Congrès du NPA : pas d'avancée, le duel Besancenot-Mélenchon se précise

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Le NPA a bouclé dimanche un congrès "compliqué et difficile" semblant faire du sur-place, tiraillé entre "identitaires" - incarnant le noyau dur trotskiste - et partisans de l'unité à gauche du Parti socialiste, tout en étant englué sur la question du voile.

Même l'idée d'un "appel" a minima pour une "candidature de rassemblement" des anticapitalistes à la présidentielle, voulue par Olivier Besancenot, n'a pas abouti. Cette proposition était de toute façon vue par beaucoup comme un leurre masquant la candidature du facteur de Neuilly en 2012, alors que Jean-Luc Mélenchon est déjà dans les starting-blocks.

Réuni à Montreuil depuis vendredi, le congrès du NPA a été "compliqué et difficile", a expliqué Myriam Martin, du Comité exécutif, soulignant le caractère "très polyphonique" de son organisation.

Pressentie pour être bientôt porte-parole au côté de M. Besancenot, elle a reconnu qu'il y avait des "difficultés pour s'entendre sur ce que signifie un appel commun" alors que la motion d'orientation politique de la direction n'a pas obtenu de majorité (41,8%), face aux "identitaires" (27,8%) et "unitaires" (26,4%).

A l'issue du congrès, sept membres de la direction sortante, des "unitaires" favorables à un rapprochement sous conditions avec le Front de gauche, ont décidé de quitté le NPA en pleine hémorragie de militants. Avec un autre camarade, Leïla Chaïbi (collectif L'Appel et la Pioche) a ainsi décidé de rejoindre le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon où "les portes sont ouvertes", a-t-elle dit à l'AFP.

Toujours perturbé par la candidature d'une jeune femme voilée aux régionales, le NPA n'a pas non plus tranché la question du voile et le débat est renvoyé à une prochaine conférence nationale. Seuls les textes sur les "réponses à la crise" et la "solidarité avec les peuples tunisien et égyptien" ont obtenu un vote très majoritaire.

"C'est pas en trois jours qu'on peut faire une fausse synthèse un peu caoutchouc" sur des positions différentes, a affirmé Gaël Quirante, un "identitaire".

Difficile effectivement de s'entendre au sein du NPA sur les questions électorales notamment, même si le refus des alliances avec le PS les rassemblent.

Dimanche, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé, sur son blog, un NPA qui se satisfait du "maintien de l'ordre à gauche" : "le PS devant pour toujours et la LCR au chaud derrière : voilà le rêve ! Car la LCR (devenue NPA, ndlr) est toujours là", a lancé le quasi-candidat du Front de gauche à la présidentielle, déplorant un "gâchis" pour l'unité.

En début de congrès, M. Besancenot avait renvoyé le président du Parti de gauche dans ses cordes : "Il a la main tellement tendue qu'elle est presque crispée" sur sa propre candidature!

C'est en juin que le NPA devrait finalement se décider sur 2012 et malgré le "piège de la personnalisation" qu'il dénonce, le "camarade Olivier", poussé par la direction, devrait rempiler pour un troisième tour, après 2002 (4,2%) et 2007 (4,1%).

Venue en observatrice au congrès, Clémentine Autain (La Fédération) se veut toutefois optimiste pour l'avenir, jugeant qu'"en 10 ans, on a gagné une chose: tout le monde désormais doit se prévaloir de l'unité" dans la gauche radicale.

En 2012 comme en 2007, la candidature unitaire restera donc un rêve inaccessible pour ceux qui se situent à la gauche du PS, alors que dans les sondages, une telle candidature totalise environ 12% entre Jean-Luc Mélenchon (5 à 7%), Olivier Besancenot (4 à 7%) et Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière, 0 à 2%).

Et si chez Mélenchon, on va jusqu'à parier sur un "score à deux chiffres" en 2012, le clan Besancenot, lui, continue de croire en ses chances.