La droite attaque DSK sur son image, réplique furieuse des strauss-kahniens

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L'UMP s'en est pris durement dimanche à Dominique Strauss-Kahn (PS), accusé d'incarner la "gauche ultra-caviar" et les "bobos" mais de ne pas être à "l'image de la France", provoquant la riposte des strauss-kahniens, qui dénoncent un discours digne de "Déroulède ou Maurras".

Sur radio J, le patron des députés UMP Christian Jacob a estimé que les primaires PS favorisaient les zones urbaines en terme de nombre de bureaux de vote et s'apparentaient par conséquent à un scrutin de "bobos", catégorie sociale qu'il juge "plutôt bien" incarnée par le patron du FMI.

Dominique Strauss-Kahn "ce n'est pas l'image de la France, l'image de la France rurale, l'image de la France des terroirs et des territoires, celle qu'on aime bien, celle à laquelle je suis attaché", a enchaîné le député UMP de Seine-et-Marne.

Un peu plus tôt sur la radio RCJ, le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Pierre Lellouche déclarait qu'il doutait de la capacité de Dominique Strauss-Kahn à faire le plein à gauche, en raison de son image.

"C'est un bon candidat mais en même temps est-ce qu'il rassemble son propre camp? Parce que c'est quand même la gauche ultra-caviar et celle que j'aime bien, celle qui connaît le libéralisme, celle qui connaît la mondialisation (...) Beaucoup de gens de gauche que je connais considèrent qu'il est de droite et pas de gauche", a-t-il lâché.

Réponse sur un ton outragé du député PS du Finistère, Jean-Jacques Urvoas: "La droite ne réprime plus sa hargne et laisse son inconscient s'exprimer".

"DSK +ce n'est pas l'image de la France+ pour l'ineffable président du groupe UMP et il incarne +la gauche ultra-cavier+ pour Pierre Lellouche, parait-il secrétaire d'Etat", écrit-il. "Encore un peu de temps et ils parleront comme Déroulède ou Maurras au temps des Ligues".

Visant de son côté exclusivement les propos de Christian Jacob, le député PS de Paris Jean-Christophe Cambadélis les a jugé "indigne d'un parlementaire".

"Dire que DSK n'est pas à l'image de la France, c'est sous-entendre qu'il est un étranger, un apatride, membre du +parti de l'étranger+, voire malheureusement bien autre chose", écrit-il dans un communiqué.

"Je demande à François Fillon ou à Jean-François Copé de rappeler à l'ordre le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. Ce propos dépasse la simple controverse, il touche aux principes républicains", poursuit-il.

L'hypothèse d'une candidature du patron du FMI aux primaires du PS pour la présidentielle de 2012 a pris un peu plus de corps cette semaine avec une déclaration de sa compagne Anne Sinclair déclarant qu'elle ne souhaitait pas le voir rempiler à la tête du Fonds.

Le porte-parole du gouvernement et ministre du Budget François Baroin a quant à lui indiqué qu'il souhaitait que Dominique Strauss-Kahn aille jusqu'au bout de son mandat, ce qui signifie qu'il ne pourrait pas se présenter en 2012.

"Je trouve que c'est très bien qu'un Français soit à la tête d'une grande institution internationale. C'est mieux pour l'image de la France que ce Français conserve son mandat jusqu'au bout. Puisqu'il a pris un engagement, qu'il le respecte", a déclaré M. Baroin sur BFM TV et RMC, en partenariat avec Le Point.

"M. Strauss-Kahn sera en place aux côtés du président de la République pour piloter les affaires du G20 au cours de cette année", a ajouté M. Baroin.