Villepin a jugé «avec inquiétude» la prestation télévisée de Sarkozy

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L'ex-Premier ministre Dominique de Villepin (UMP, RS) a jugé «avec inquiétude» jeudi l'émission de télévision de Nicolas Sarkozy, avec lequel il affirme toujours avoir «peu ou pas de points communs» avant une rencontre entre les deux rivaux de la majorité le 24 février, sur le G20.

«Il y avait deux images qui se télescopaient», a déclaré sur Canal Plus Dominique de Villepin: «L'enthousiasme qui s'exprimait au Maghreb et en Egypte et en même temps une France frileuse.»

Le président de République solidaire (RS) s'est dit inquiet «de cette défiance qui monte dans la relation du pouvoir avec les Français, quand on voit les magistrats pointés du doigt, les enseignants, les chercheurs, les fonctionnaires en général».

«Nous devons nous obliger collectivement à sortir de ces logiques de peur, ces logiques sécuritaires», a-t-il dit mentionnant «la peur de l'islam». Il a critiqué le projet de jurés populaires en correctionnelle que le chef de l'Etat veut réaliser avant l'été: «Ce n'est pas la solution. Le nombre des décisions prises chaque année en correctionnelle -500.000- fait que c'est totalement irréaliste», plaidant pour «l'indépendance des magistrats» et le besoin de «régler ce problème des moyens».

Dominique Villepin a également dit qu'il ne «changerait pas un mot» à sa tribune contre la politique du chef de l'Etat à l'égard des Roms, qu'il avait alors qualifiée de «tâche sur le drapeau».

«C'est le visage le plus détestable de la politique. C'est ce qui donne parfois envie de baisser les bras. On a le sentiment de participer à une sorte de show où les problèmes ne sont pas traités», a-t-il dit en réagissant à un reportage sur un camp de Roms à Montreuil.

Il a dit suivre «avec curiosité et inquiétude» les primaires du PS «souhaitant que l'accent soit mis sur les projets plus que les rivalités des personnes». Il se prononcera lui-même «à l'automne ou plus tard» sur son éventuelle candidature, a-t-il encore assuré.