Présidentielle 2012: duel Mélenchon/Le Pen lundi

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Concurrents sur le thème de la rupture avec le "système", mais porteurs de projets politiques opposés, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen s'affrontent lundi matin sur BFM-TV et RMC, à quinze mois d'une présidentielle pour laquelle ils sont déjà en lice.

Depuis plusieurs jours, les visages des duellistes s'affichent en permanence sur les sites internet des deux médias, où l'événement est soigneusement mis en valeur. C'est le journaliste Jean-Jacques Bourdin qui mènera le débat, de 08h30 à 09h30.

Le principe du duel a été accepté par les protagonistes il y a trois semaines. Au même moment, un dessin de Plantu dans L'Express faisait polémique en présentant le leader du Parti de Gauche et la patronne du Front national côte à côte pour illustrer "l'ascension des néopopulismes".

"Odieux amalgame", avait dénoncé Jean-Luc Mélenchon, qui souhaitait quelques jours plus tôt une nouvelle "forme de confrontation" avec le FN, en estimant que "le discours moralisant et sociétal" ne suffisait plus face à Marine Le Pen.

Les deux leaders dénoncent tous deux "l'oligarchie" et remettent en cause une "Europe libérale" qui aurait dépossédé les peuples de leur souveraineté.

Mais s'ils ont pour "point commun de vouloir incarner des alternatives de rupture à la bipolarisation actuelle, leurs formations ont des idéologies et des visions du monde qui n'ont rien à voir", souligne à l'AFP le politologue Jean-Yves Camus, chercheur à l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques).

"Sur la question de l'immigration elle prétend chasser les immigrés, surtout les clandestins (...) et moi je prétends leur donner des papiers à tous", déclarait lundi soir Jean-Luc Mélenchon lors d'un débat sur les populismes.

Au niveau fiscalité, le candidat à l'investiture du Front de Gauche pour la présidentielle propose de "tout prendre", soit de taxer à 100% les revenus au-delà de 30.000 euros par mois, alors que Marine Le Pen vient d'accéder à la tête d'un parti qui prônait, dans son dernier programme, le plafonnement à 20% de la tranche la plus haute de l'impôt sur le revenu.

Au FN, c'est dans les "60 milliards d'euros par an" que coûteraient l'immigration qu'il faut tailler pour faire des économies.

Selon le secrétaire national du Parti de Gauche, Eric Coquerel, Marine Le Pen "enrobe son discours d'extrême droite dans une espèce de contestation sociale" mais il faut "montrer que ce n'est que du vent, car elle est le meilleur chien de garde du système".

Jean-Luc Mélenchon "veut montrer qu'il y a bien une réponse pour toute une population qui aujourd'hui peut être désemparée et que ce n'est en aucun cas l'extrême droite", ajoute-t-il.

"Pour quelqu'un qui se présente comme un candidat antisystème, il est allé s'allonger sur le canapé de (Michel) Drucker", ironisait quant à elle récemment Marine Le Pen, allusion au passage de M. Mélenchon dans l'émission dominicale Vivement Dimanche en novembre dernier. La présidente du FN réclame aussi son invitation sur le canapé rouge, pour l'instant en vain.

"M. Mélenchon fait un certain nombre de constats qui rejoignent ceux du Front national", ajoute-t-elle, en citant "la prise de pouvoir de l'économie sur le politique, le constat des ravages de la mondialisation, de l'effondrement de l'Etat, de la disparition des services publics".

Mais selon elle, le leader du PG "ne va pas au bout" puisqu'il ne prône ni le retour au franc ni le