Nicolas Sarkozy face aux Français: «Une co-production publicitaire TF1-Elysée»

REACTIONS L'opposition et la majorité livrent leurs impressions sur la prestation du chef de l'Etat...

Avec Reuters

— 

Arnaud Montebourg, le 11 janvier 2011, devant le siège du Parti socialiste.
Arnaud Montebourg, le 11 janvier 2011, devant le siège du Parti socialiste. — F. DUFOUR/ AFP

Après l'émission «Paroles de Français» à laquelle participait Nicolas Sarkozy sur TF1, voici les principales réactions politiques aux propos tenus par le chef de l'Etat face à un panel de Français:

>> Revivez l'émission en direct par ici

- Arnaud Montebourg, sur France Info: «Je demande à TF1 d'organiser exactement la même émission pour le leader de l'opposition, qui est la première secrétaire du Parti socialiste, même format, même heure, face aux Français, où nous pourrons proposer nos contre projets, notre autre stratégie pour le pays, défendre nos valeurs», a réclamé le candidat aux primaires socialistes. «C'était une émission qui ressemblait à une co-production publicitaire TF1-Elysée, et qui organise l'autopromotion du président de la République», a-t-il poursuivi, regrettant l'absence d'«un journaliste digne de ce nom» sur le plateau.

- Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, dans un communiqué: «Ce soir, j’ai écouté Nicolas Sarkozy avec beaucoup de colère. Le président de la République a offert aux Français un spectacle pathétique et plus inquiétant que jamais. Aux policiers, il affirme que les effectifs sont suffisants, aux magistrats que les moyens ne sont pas le problème, aux chômeurs qu'il va les envoyer en stage, aux agriculteurs que les marchés ont fait leur bonheur, aux ouvriers que la "vraie" pénibilité est d'être sans emploi... Il confirme surtout qu'il est incapable d'écouter les Français.»

- Eva Joly, candidate à l'investiture présidentielle des Verts-Europe Ecologie, dans un communiqué: «La France a aujourd'hui une justice et une police qui explosent et ne peuvent plus mener à bien leurs missions, et pourtant le président ajoute à cette situation déjà dramatique de nouvelles difficultés, en inventant des 'jurys populaires'. Nicolas Sarkozy s'est montré sur la défensive, confus, certes compatissant mais finalement impuissant et incapable de reconnaître ses erreurs de jugement.»

- Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche, candidat à la présidentielle, dans un communiqué: «Le président à bout de souffle répète comme un disque rayé ses vieilles ficelles sécuritaires et ses compulsions législatives. Ce soir il vient d'inventer la responsabilité partagée des magistrats et des criminels dans la récidive. Faute de solutions, le président a mis le café du commerce au pouvoir.»

- Les Progressistes, parti d'Eric Besson, dans un communiqué: «Le président de la République a fait preuve de lucidité et d'honnêteté en reconnaissant l'échec de la lutte contre la délinquance des mineurs et contre les multirécidivistes. La refonte de la justice pour les mineurs n'est ni une réforme de droite ni une réforme de gauche, c'est une réforme progressiste qui met le civisme au c ur de la justice française.»

- Noël Mamère, député écologiste, interrogé par Reuters: «C'est une opération de bluff, d'esbroufe. Je pense que le président aujourd'hui a un problème avec l'ensemble des Français: une coupure entre eux et lui. Il pourra multiplier les opérations de communication, les co-productions entre l'Elysée et TF1, ça ne changera pas grand-chose. Je n'avais pas de temps à perdre et je ne l'ai pas regardé.»

- Jean Léonetti, premier vice-président du groupe UMP à l'Assemblée, interrogé par Reuters: «En matière de chômage, d'insécurité, il a pu montrer le chemin parcouru, les stratégies qui avaient été menées. Je crois qu'il a convaincu sur le fait qu'il n'y avait pas d'alternatives crédibles à ce qui a été fait dans ces domaines et il a montré aussi la volonté affirmée de vouloir aller plus loin. Il a parlé avec sincérité des polémiques sur les voyages en Tunisie ou en Egypte des ministres. Je crois que cet accent de sincérité a passé le petit écran.»