Sarkozy demande aux ministres de privilégier la France pour leurs vacances

POLITIQUE Le chef de l'Etat tente de clore la polémique...

C. F. avec Reuters

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Nicolas Sarkozy, en déplacement dans le Cher, le 1 février 2011.
Nicolas Sarkozy, en déplacement dans le Cher, le 1 février 2011. — E. FEFERBERG/ AFP

Le recadrage a donc eu lieu ce mercredi matin à l'occasion du Conseil des ministres. En pleine polémique sur les vacances de Michèle Alliot-Marie en Tunisie et celles de François Fillon en Egypte, Nicolas Sarkozy a demandé aux ministres de privilégier la France pour leurs vacances.

Dans une brève déclaration diffusée par la présidence de la République, le chef de l'Etat demande également que toute invitation à l'étranger d'un membre du gouvernement français soit autorisée par le Premier ministre.

Autorisation préalable du Premier ministres

Ces autorisations seront données «en accord avec la cellule diplomatique de la présidence de la République pour examiner leur compatibilité avec la politique étrangère de la France», a-t-il précisé.

«Ce qui était commun il y a encore quelques années peu choquer aujourd'hui. Cela doit donc être strictement encadré», a fait valoir le président français.

Une loi sur les conflits d'intérêts

Le Premier ministre, François Fillon, avait auparavant fait une communication sur la prévention des conflits d'intérêt. Il a annoncé un projet de loi «dans les toutes prochaines semaines». Inspiré des conclusions du récent rapport commandé au vice-président du Conseil d'Etat Jean-Marc Sauvé en pleine affaire Woerth-Bettencourt, ce texte va imposer aux ministres et à leurs conseillers une «déclaration d'intérêt» pour faire apparaître «les conflits éventuels avec les fonctions exercées», selon le porte-parole du gouvernement François Baroin.

Aucun membre du gouvernement n'a souhaité commenter ces nouvelles consignes à la sortie du Conseil des ministres.

Les séjours qui fâchent

Nicolas Sarkozy a lui-même passé quelques jours au Maroc lors des fêtes de fin d'année. Selon l'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné, il a en outre passé le week-end dernier à New York, où il se serait rendu directement de Bruxelles à bord d'un avion de la flotte gouvernementale.

Il est par ailleurs reproché à Michèle Alliot-Marie d'avoir emprunté à deux reprises en Tunisie l'avion privé d'un homme d'affaires tunisien, alors que le mouvement social qui a emporté le régime du président Zine Ben Ali à la mi-janvier commençait à monter.

François Fillon a pour sa part reconnu avoir séjourné à Assouan, en Egypte, du 26 décembre au 2 janvier, avec épouse et enfants, à l'invitation des autorités égyptiennes, trois semaines avant les émeutes contre le président Hosni Moubarak.