Martine Aubry à Dakar: "c'est qui ?", "la future présidente de la France"

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Certains ne la connaissent absolument pas, tandis que d'autres ne doutent pas qu'elle sera "la future présidente de la France": entre anonymat et notoriété, la chef du Parti socialiste Martine Aubry, en visite au Sénégal, a pu tester lundi sa popularité sur un marché de Dakar.

"On est avec toi Martine!", s'exclame un jeune militant socialiste sénégalais, mobilisé avec une dizaine d'autres pour accueillir la chef du principal parti d'opposition français en visite à Kermel, un marché couvert de la capitale sénégalaise.

Entourée d'une cohorte de journalistes, français et sénégalais, Mme Aubry se fraye un chemin dans les allées étroites du marché. Les commerçants applaudissent poliment, lui souhaitent la bienvenue. Tous ne la connaissent pas, loin s'en faut. Mais certains reconnaissent "la fille de Jacques Delors" ou "la dame de Lille".

"Elle est connue au Sénégal, comme Ségolène Royal", assure un journaliste de la télévision publique. "Elles ont plus de notoriété que les hommes du parti socialiste français", s'amuse-t-il.

Ségolène Royal, née à Dakar, s'était assuré en 2009 un certain écho dans la capitale sénégalaise en demandant "pardon" pour le discours prononcé deux ans auparavant par le président français Nicolas Sarkozy, qui estimait que l'homme africain n'était pas assez entré dans l'Histoire.

Sur le marché Kermel ce lundi, il est davantage question d'élections présidentielles à venir, en France... et au Sénégal, où l'opposition socialiste espère battre le chef de l'Etat Abdoulaye Wade, qui entend briguer un nouveau mandat après douze ans au pouvoir.

"Espérons que 2012 sera l'année du changement, en France et au Sénégal", dit en souriant Alioune N'Diaye, le maire du quartier de Dakar Plateau. Pour lui, aucun doute, Martine Aubry "ferait une excellente candidate" en France. "Je souhaite ardemment qu'elle le soit", ajoute-t-il.

"C'est la future présidente de la France", affirme Ousmane Diop, un membre de la délégation du PS sénégalais. "Elle a un père qui sera un bon conseiller, et c'est une dame avec une forte personnalité", pense-t-il.

"Les politiques ici la connaissent bien, mais pour le commun des Sénégalais, c'est moins évident", admet-il toutefois.

Martine Aubry s'arrête à tous les étals, serre les mains, achète trois tableaux naïfs. Elle refuse les questions politiques, renvoie à son porte-parole Benoît Hamon le journaliste sénégalais qui tente de la questionner sur "l'affaire" Michèle Alliot-Marie.

Mais elle discute volontiers de Moussa Sow, l'attaquant sénégalais du club de football Losc de la ville de Lille, dont elle est maire.

Martine Aubry est au Sénégal jusqu'à jeudi pour participer au Forum Social Mondial, mais son déplacement comporte aussi un important volet "Afrique", avec rencontre d'élus, d'entrepreneurs, d'artistes, et des visites d'entreprises.

La politique n'est cependant jamais bien loin. A l'issue d'un entretien lundi matin avec l'ancien président brésilien Lula, consacré au G20 et à la réflexion sur un "nouveau modèle de développement", elle concède que l'ancien président brésilien a estimé que "ce serait bien qu'il y ait une femme" à la tête de l'Etat français.