Vacances tunisiennes: MAM pensait «qu'un ministre avait le droit d'avoir des amis»

POLEMIQUE La ministre des Affaires étrangères s'est défendue samedi soir...

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Michèle Alliot-Marie, la ministre des Affaires étrangères, à la sortie du Conseil des ministres le 2 février 2011 au Palais de l'Elysée à Paris.
Michèle Alliot-Marie, la ministre des Affaires étrangères, à la sortie du Conseil des ministres le 2 février 2011 au Palais de l'Elysée à Paris. — AFP PHOTO/ERIC FEFERBERG

La ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, a utilisé le jet d'un ami tunisien pour une durée supérieure aux vingt minutes évoquées cette semaine, affirme samedi le Nouvel Observateur sur son site Internet, en évoquant une excursion dans le sud du pays. La ministre avait indiqué mercredi avoir voyagé pendant vingt minutes à bord du jet privé d'Aziz Miled pour se rendre à Tabarka (nord-ouest). Selon le nouvelobs.com, Michèle Alliot-Marie et ses proches ont repris ce jet le 29 décembre afin de se rendre à Tozeur, dans le grand sud tunisien, évitant ainsi de traverser des villes en révolte.

«Je ne quitterai pas la Dordogne»

«Cette nouvelle polémique est totalement artificielle». C'est en ces termes que Michèle Alliot-Marie a qualifié samedi soir, sur France info, cette nouvelle information sur ces vacances qui ont provoqué une vive polémique. «J’ai dit dès mercredi dernier que, avec Monsieur Miled, j’avais à la fois rejoint Tunis à Tabarka et fait des excursions», a expliqué la ministre des Affaires étrangères, reconnaissant implicitement un second voyage à bord du jet privé.

Avant de préciser: «Quand je suis en vacances, je ne suis pas ministre des affaires étrangères, je suis Michèle Alliot-Marie, qui a des amis de longue date, qu’elle a l’habitude de recevoir en France, qui sont heureux de me faire découvrir leur pays». Et la ministre de conclure: «Je pensais qu’un ministre avait le droit d’avoir des amis. Maintenant je vais être très attentive. Je ne quitterai pas la Dordogne».

Aziz Miled, un ami de longue date

Intervenant sur plusieurs chaînes de télévision, Michèle Alliot-Marie avait expliqué cette semaine avoir l'habitude, lorsqu'elle rencontrait Aziz Miled, un ami de longue date, de faire avec lui des excursions, que ce soit en Tunisie ou dans le sud-ouest de la France, près de sa ville de Saint-Jean de Luz.

Elle avait précisé avoir fait fin 2010 lors de ses vacances en Tunisie une excursion avec Aziz Miled, sans préciser où ni avec quel moyen de locomotion.

«Certains cherchent à faire rebondir l'affaire»

«Visiblement certains cherchent à faire rebondir cette affaire alors qu'il n'y a aucun élément nouveau», avait expliqué un peu plus tôt samedi l'entourage de la ministre, interrogé par l'AFP. «Michèle Alliot-Marie elle-même a parlé spontanément de cette excursion» sur des médias mercredi alors qu'on l'interrogeait sur la compatibilité de ses fonctions avec le recours à un avion privé, a-t-on ajouté de même source.

Mercredi, devant l'Assemblée nationale, la ministre avait expliqué: «Arrivant après Noël à Tunis, un ami qui allait à Tabarka, lieu final de destination avec son avion, m'a effectivement proposé de voyager avec lui plutôt que de faire les deux heures de voiture, il n'a à aucun moment mis son avion à ma disposition, je l'ai accompagné pendant vingt minutes».

La diplomatie française écornée

La révélation de ses vacances en Tunisie, avec ses parents et son compagnon Patrick Ollier, ministre des Relations avec le Parlement, alors que la révolte contre Zine El Abidine Ben Ali avait commencé, puis le fait d'avoir bénéficié du jet d'Aziz Miled, a provoqué une polémique en France.

Sa démission a été demandée par l'opposition, les critiques se focalisant sur l'image écornée de la diplomatie et sur le comportement en public comme en privé des ministres français.