Présidentielle 2012: Si DSK est au second tour, la gauche «va au désastre», estime Mélenchon

POLITIQUE Le président du Front de gauche estime que le patron du FMI représente une sociale-démocratie qui a vécu...

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Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche, a déclaré dimanche qu'il était "le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas", soulignant que le Front de gauche qu'il aspire à représenter en 2012 n'était pas un "supplétif de circonstance" du Parti socialiste.
Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche, a déclaré dimanche qu'il était "le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas", soulignant que le Front de gauche qu'il aspire à représenter en 2012 n'était pas un "supplétif de circonstance" du Parti socialiste. — Jean-Francois Monier afp.com

Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche, estime que si Dominique Strauss-Kahn est au second tour de la présidentielle, la gauche «va au désastre», dans une interview au Monde daté de dimanche/lundi.

Le candidat à l'investiture du Front de gauche pour la présidentielle explique de nouveau que le directeur général du FMI «incarne cette ligne qui a perdu la social-démocratie partout en Europe». 1Il faut que le PS réalise que l'autre gauche représente entre 12% et 15% dans ce pays».

Il prévient qu'en tout état de cause, si le candidat du PS est Dominique Strauss-Kahn et qu'il est qualifié pour le second tour de la présidentielle, «ses électeurs ne suivront pas» et cela «quoi (qu'il) dise».

S'imposer comme une force politique aux cantonales

Interrogé sur les sondages qui le créditent de 5% à 6% des intentions de vote, il explique qu'il a «une première étape à franchir: celle des cantonales où (il) veut que le Front de gauche sorte avec un résultat à deux chiffres».

«Si nous entrons dans la campagne présidentielle avec ce capital, cela changera tout», assure Jean-Luc Mélenchon.

Faisant allusion au Nouveau parti anticapitaliste (NPA), il dit espérer que «d'autres forces ou groupes vont élargir le Front de gauche (PCF, PG et gauche unitaire, ndlr) au moment où les écologistes et le PS entreront dans une zone de grande turbulence avec leur primaire respective».

Tacle à Besancenot et main tendue aux militants du NPA

«On va voir comment réagit le corps militant du NPA, je vais leur redire 'faisons ensemble'», poursuit Jean-Luc Mélenchon, pour qui «les dirigeants du NPA ne se rendent pas compte qu'il y a un épuisement de leurs bases face au raidissement et à l'isolement. C'est cette gauche qui se cherche que je veux structurer en évitant qu'elle s'épuise et ne meure dans la dispersion».

Au porte-parole du NPA, Olivier Besancenot, qui se dit convaincu que de toute façon il ralliera le PS, Jean-Luc Mélenchon réplique: «Je ne veux pas jouer dans le petit bain de l'extrême gauche. Mon but, (...) c'est de faire la démonstration que le vote utile c'est nous. Pas de devenir le supplétif du PS».

S'agissant de la laïcité, un de ses chevaux de bataille, il propose «d'interdire toute subvention à la construction de lieu de culte», d'abroger la loi Carle de 2008 concernant «le financement des élèves fréquentant des écoles élémentaires privées hors de leur commune de résidence« et «l'extinction du concordat d'Alsace-Moselle».