2012: DSK vit une période difficile

SONDAGES Son silence, hier son atout, lui coûte cher aujourd'hui...

Maud Pierron
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Dominique Strauss-Kahn, le 4 décembre 2010, à Bruxelles.
Dominique Strauss-Kahn, le 4 décembre 2010, à Bruxelles. — G. GOBET/ AFP

Il n’est plus le roi des sondages. Dans le baromètre TNS Sofres Logica pour le Figaro Magazine à paraître samedi, Dominique Strauss-Kahn perd 7 points, avec une cote d’avenir à 42%. Son écart avec Martine Aubry n’est plus que de 4% contre 10% le mois précédent. François Hollande (31%) et Ségolène Royal (28%) sont stables. «Cette baisse de la cote d’avenir de Dominique Strauss-Kahn est d’autant plus notable que celles de ses possibles concurrents aux primaires socialistes restent stables», souligne l'institut TNS Sofres. Voire grimpe, comme celle de François Hollande qui se pose en alternative sur le créneau social-démocrate.

Quand il était au sommet des sondages, ses concurrents persiflaient, arguant que dès qu’il commencerait à parler, il baisserait.  Aujourd’hui, les sondages sont moins bons, et cette chute serait à mettre sur son silence. Les Français seraient donc impatients.  «On ne le voit pas ! Il ne veut pas s’exprimer. Tout le monde lance des messages politiques, pas lui. Il ne faut pas trop jouer avec l’attente des gens», lâche dans Libération de vendredi un cadre aubryste du PS. Le patron du FMI ne s’est pas exprimé depuis le 15 novembre et un passage sur France inter. Là encore, empêché par ses fonctions, il n’avait fait aucun commentaire d’ordre politique.

«La machine à taper sur DSK» 

Ses adversaires, eux, ne se privent pas. Au sein du PS, il a perdu la bataille du calendrier. Ses partisans souhaitaient que la déclaration de candidature se fasse à l’automne 2011. Ce sera entre juin et juillet. A gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon lâche ses coups contre l’ancien ministre des Finances dès qu’un micro est en vue.  Il le dépeint en «affameur des peuples» et ne fait pas mystère de ses intentions: «peser sur les débats» du PS pour qu’il ne se choisisse pas DSK comme champion à la présidentielle, faisant peser le risque d’un mauvais report des voix au second tour de la présidentielle. Et étrangement, le tribun au langage fleuri épargne Martine Aubry, «une guerrière» à ses yeux qui, en retour, refuse de l’épingler pour ses critiques plus que virulentes contre le PS et DSK.  

Les proches de Dominique Strass-Kahn, conscients du trou d’air actuel, sont donc montés au créneau. Jean-Christophe Cambadélis, le premier, a dénoncé «le retour» de «la machine à perdre». Cette semaine,Pierre Moscovici a critiqué «la machine à taper sur DSK», taclant le président du Front de gauche. «C'est quand même absurde que certains prennent pour cible celui qui, à l'évidence, est le mieux placé pour permettre à la gauche de l'emporter à l'élection présidentielle», a réagi Pierre Moscovici. Il a encore remis le couvert jeudi, assurant que Dominique Strauss-Kahn est «celui qui attire le plus d'électeurs de gauche et au delà au premier tour. Je crois qu'il est le mieux placé y compris pour nous épargner un 21 avril. Les autres sont tout de même à portée de fusil de Marine Le Pen», alerte-t-il.

DSK bientôt à Paris

Laurent Fabius a aussi critiqué Jean-Luc Mélenchon, ce vendredi, sur France info. «Il veut être désigné comme candidat du Front de Gauche et du coup, il tape, il tape, il tape trop durement et de façon souvent injuste sur les socialistes et sur DSK mais ça me paraît une stratégie un peu courte».  Strauss-Kahn sera en France les 18 et 19 février prochain pour le G20. L’occasion de se rappeler au bon souvenir des Français.