Tunisie: la défense de MAM résiste mal aux faits

Catherine Fournier

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Michèle Alliot-Marie, la ministre des Affaires étrangères, sur le plateau du Grand journal sur Canal+ le 2 février 2011.
Michèle Alliot-Marie, la ministre des Affaires étrangères, sur le plateau du Grand journal sur Canal+ le 2 février 2011. — AFP PHOTO/THOMAS SAMSON

 Michèle Alliot Marie est intervenue plusieurs fois dans les médias depuis mercredi pour donner sa version des faits sur son voyage en Tunisie fin décembre, et surtout sur son vol dans un jet privé appartenant à un homme d’affaire tunisien. Sa ligne de défense se heurte parfois aux faits.

«Si je prends mes vacances parfois en Tunisie, c'est à mes frais, voyages et hôtels»
La ministre des Affaires étrangères l’a assuré a plusieurs reprises, elle «a toujours payé (ses) vacances», vols et hôtels compris. MAM aurait même indiqué au Monde daté de ce jeudi posséder les factures qui le prouvent. Reste qu’elle ne les a toujours pas montrées. Le Canard Enchaîné, qui a révélé l’affaire, indique avoir cherché en vain à savoir qui avait réglé la facture de l'hôtel de Tabarka où ont séjourné la ministre et sa famille. Hôtel qui appartient à Aziz Miled.  

«Ce monsieur (Aziz Miled) est surtout une victime du clan Ben Ali»
C’est l’argument qui fait le plus débat. Aziz Miled était-il une victime ou un complice du régime Ben Ali? Pour accréditer la première option, Michèle Alliot-Marie a indiqué que son ami s’était vu prendre 20% du capital ainsi que la présidence de sa compagnie aérienne NouvelAir par le beau-frère du président, Belhassen Trabelsi. Aziz Miled aurait récupéré toutes ses parts aujourd’hui, assure la ministre. Mais des éléments font pencher la balance dans l’autre sens. Aziz Miled a cosigné l'an passé une tribune appelant le président Ben Ali à se présenter à l'élection de 2014 et il figure sur la liste des personnes dont la Suisse a gelé les avoirs après la fuite de Ben Ali, le 14 janvier.

Il n'y avait aucune répression et même le suicide, qui était à l'origine alors là pour le coup des événements, s'est produit ... à la fin de mon séjour»
C’est ce qu’a affirmé MAM au JT de France 2 mercredi soir, répondant aux critiques sur son choix d’aller passer des vacances en Tunisie, elle, ministre des Affaires étrangères, alors que le pays était déjà en proie à des troubles. Là, les faits contredisent clairement sa version. Mohamed Bouazizi, le jeune vendeur ambulant et diplômé au chômage, s’est immolé par le feu le 17 décembre dernier, devant la préfecture de la ville de Sidi Bouzid. Or, Michèle Alliot-Marie et sa famille se sont rendus en Tunisie entre Noël et le Premier de l’an. 

Ci-dessous, la video de l’intervention de MAM sur France 2: