Voyage de MAM en Tunisie: «Je suis meurtrie de voir ce dont on m'accuse» répond la ministre

POLÉMIQUE lle a dénoncé une «opération autour de ce qui n'existe pas»...

B.D.

— 

Michèle Alliot-Marie, la ministre des Affaires étrangères, à la sortie du Conseil des ministres le 2 février 2011 au Palais de l'Elysée à Paris.
Michèle Alliot-Marie, la ministre des Affaires étrangères, à la sortie du Conseil des ministres le 2 février 2011 au Palais de l'Elysée à Paris. — AFP PHOTO/ERIC FEFERBERG

Elle ne démissionnera pas. La ministre des Affaires Etrangères, Michèle Alliot-Marie, accusée d'avoir profité des largesses d'un homme d'affaires lié au clan Ben Ali, était l'invitée du journal de 20 heures de France 2 ce mercredi.

Elle a rejeté toute démission, réclamée par l'opposition. La chef de la diplomatie française s’est dite «surprise» et même «outrée» par le «caractère extravagant» des accusations de l’opposition, formulées ce marcredi après-midi à l’Assemblée Nationale lors des Questions au gouvernement. «Je suis meurtrie de voir ce dont on m'accuse», a-t-elle dit, dénonçant une «opération autour de ce qui n'existe pas».

Elle n'a «pas vu le mal sur le moment»

Le Canard Enchaîné a révélé ce mercredi matin qu'elle et son compagnon, Patrick Ollier, lui aussi ministre (Relations avec le Parlement), avaient bénéficié entre Noël et le Jour de l'An de l'avion d'un Tunisien, Aziz Miled, entre Tunis et la ville de Tabarka, pour y passer des vacances dans un hôtel lui appartenant. Ami du couple, Aziz Miled est présenté par l’hebdomadaire comme un proche de Belhassen Trabelsi, beau-frère de l'ex-président Zine el Abidine Ben Ali. Cet homme d'affaires fait partie d'une liste de personnalités tunisiennes dont la Suisse a gelé les avoirs le 19 janvier.

Après avoir admis qu’il était «logique que les Français s’interrogent», la ministre a soutenu que ce voyage en avion n’était qu’un simple service qu’un ami lui avait rendu. «Honnêtement, je n’ai pas pensé que ça pouvait causer le moindre problème», a-t-elle affirmé. Michèle Alliot-Marie a redit qu’Aziz Miled, «un homme d’affaires extrêmement respecté en Tunisie», était une «victime» du clan Ben Ali dans la mesure où il avait été «obligé de céder 20% de sa société de transport aérien» à Belhassen Trabelsi, qui avait également exigé d’être le président de la société.

La ministre a cependant indiqué que, si c’était à refaire, «vu l’émotion, la polémique suscitées», elle «ne referait pas» ce voyage. «Oui», un ministre doit s’interdire de monter dans una vion privé, a-t-elle soutenu, précisant qu’elle faisait «toujours attention» à ne pas le faire, mais qu’elle n’avait dans ce cas précis «pas vu le mal sur le moment» car «il s’agissait d’amis».