Yves Cochet: «Je vous le dis, madame Alliot-Marie, partez!»

REACTIONS La ministre est critiquée pour son séjour en Tunisie...

C. F. avec Reuters

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Le député des Verts Yves Cochet s'adresse à l'Assemblée Nationale lors des questions au gouvernement, le  12 octobre 2010.
Le député des Verts Yves Cochet s'adresse à l'Assemblée Nationale lors des questions au gouvernement, le 12 octobre 2010. — AFP PHOTO / PIERRE VERDY

Les députés socialistes et communistes réclament la démission de la ministre française des Affaires étrangères. Michèle Alliot-Marie est critiquée pour son séjour en Tunisie en plein mouvement populaire contre le régime de Ben Ali et notamment pour avoir profité du jet privé d’un homme d’affaires tunisien, dont la proximité ou non avec le clan du président déchu fait débat.

MAM a été sommée ce mercredi de s'expliquer ou de partir lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale. Plusieurs ténors de gauche l'ont jugée disqualifiée pour représenter la France.

«Très amicalement, je vous le dis, madame, partez!», a ainsi lancé le député écologiste de Paris Yves Cochet tandis que quelques «démission !» ont éclaté sur les bancs de l'Assemblée. «Michèle Alliot Marie n'est plus en capacité de conduire la diplomatie française», a renchéri Roland Muzeau, porte-parole du groupe communiste et citoyen. Même son de cloche du côté des députés PS Arnaud Montebourg ou Manuel Valls.

«Totalement disqualifiée»

Le chef de file des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, avait été le premier à demander ce mercredi la démission de la ministre. «La ministre des Affaires étrangères est aujourd'hui totalement disqualifiée pour représenter la France. Elle n'a plus sa place au gouvernement et doit donc démissionner, a indiqué le maire de Nantes dit aux agences de presse. «Venir passer ses vacances en Tunisie quand on est ministre de la République en pleine répression, c'est surréaliste», a-t-il ajouté.

Interrogée par RTL, Martine Aubry avait pour sa part simplement indiqué ce mercredi que «si c’est vrai, c’est grave», tandis que, sur France Info, Jean-Christophe Cambadélis vaita considéré cette polémique comme «un règlement de comptes au sein de l’UMP».

Michèle Alliot-Marie a quant à elle exclu de démissionner ce mercredi à la sortie du Conseil des ministres, réaffirmant que l'ami dont elle a utilisé l'avion privé durant ses vacances tunisiennes n'était pas un proche de l'ancien président tunisien

La droite circonspecte

Quant à la droite, elle la soutient du bout des lèvres. «Vous n'aurez pas (...) de réaction de ma part tant que je ne l'aurai pas entendue s'exprimer», a déclaré lors d'un point de presse le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, ajoutant: «On va voir ce qu'il y a dans cette affaire.»

Le chef de file des sénateurs UMP, Gérard Longuet, a jugé que «la ministre des Affaires étrangères aurait pu passer ses vacances en France».

Le gouvernement, en revanche, soutient Michèle Alliot-Marie. «Il y a quelque chose de dérisoire à voir le Parti socialiste demander la tête d'un ministre chaque semaine pour mieux marquer, en creux, son absence de contre-proposition sur le fond de la politique que nous menons», a déclaré son porte-parole, François Baroin, lors du compte rendu du Conseil des ministres.