Levée de bouclier des politiques concernant les rumeurs sur l'état de santé de Jacques Chirac

POLITIQUE Luc Chatel propose de le «laisser en paix», Patrick Ollier raconte qu'il l'a taquiné il y a trois semaines...

E.O.

— 

B.BISSON / JDD / SIPA

Les réactions fusent depuis que le Journal du dimanche a fait allusion à la maladie d’Alzheimer dont serait atteint Jacques Chirac. L’intéressé a mis court aux rumeurs ce lundi matin en déclarant qu’il «se portait très bien».

«J'ai rencontré Jacques Chirac il y a quinze jours ou trois semaines, dans son bureau à Paris», a déclaré l’ancien Premier ministre (1995-1997) Alain Juppé lors d’un point presse, ce lundi à Bordeaux. « Je l'ai trouvé en grande forme, nous avons eu une discussion à la fois tout à fait amicale et approfondie, et je lui souhaite donc de garder sa bonne santé», a poursuivi l'actuel ministre de la Défense, signalant qu'il allait bientôt «l'inviter à déjeuner». Celui que Jacques Chirac appelait «le meilleur d’entre nous» a par ailleurs jugé «un peu misérable» la polémique sur l’état de santé de l’ancien Président.

«Faut-il que les Français soient au courant de la santé de Jacques Chirac alors qu'il n'est plus au pouvoir? Non. Ca relève de sa décision, de la décision de la famille», a estimé Benoît Hamon, le porte-parole du PS, lors du point presse hebdomadaire du parti. «Il n'est plus président de la République. Ces informations sur son état de santé relèvent de la vie privée», s'est-il agacé.

C'est «peut-être une manœuvre dilatoire» pour éviter de comparaître, a réagi Eva Joly, députée européenne d’Europe écologie - les Verts et ancienne juge d’instruction sur France Info, « mais ce n’est pas sûr». «La justice est égale pour tous, et même les anciens Présidents doivent comparaître mais la justice n’oblige pas les gens réellement malades à aller au-delà de leurs forces» a-t-elle tempéré. «Il faut sortir de cette ambigüité», a plaidé l’élue. «Pour cela (Jacques Chirac) doit se présenter devant ses juges, leur dire qu’il est très fatigué et demander, par exemple, un aménagement des audiences».

«Dans mes récentes rencontres avec lui, je n’ai rien vécu qui me laisse penser qu’il ait un problème de santé», a assuré Patrick Ollier, ministre des relations avec le Parlement et proche de Jacques Chirac à l’AFP. «Pas plus tard qu’il y a trois semaines, il a embrassé Michèle [Alliot-Marie, la compagne de Patrick Ollier] en me lançant des "t’es pas jaloux, Patrick!"»

«J'ai une immense affection pour (lui)» a affirmé Dominique de Villepin, Premier ministre sous Jacques Chirac de 2005 à 2007 et président de République solidaire, interrogé sur I-Télé. «J'ai déjeuné avec Chirac et nous avons évoqué ensemble des sujets qui nous intéressent», a simplement ajouté celui qui a été secrétaire général de l’Elysée de 1995 à 2002.

«Et si nous laissions un petit peu Jacques Chirac en paix, a demandé Luc Chatel, ministre de l’Education, interrogé sur France Inter. Il n'est plus président de la République et sa santé ne regarde que lui et sa famille.» Luc Chatel a par ailleurs affirmé avoir été «été extrêmement choqué par l'article de presse» évoquant une éventuelle maladie de Jacques Chirac.

«Il a toute la tête d’un homme de son âge, qui a fait une hémiplégie, explique Renaud Muselier, député UMP proche de Jacques Chirac. C’est un homme qui a un certain âge, mais moi qui suis médecin, je peux vous dire qu’il n’a ni de près ni de loin les symptômes de l’Alzheimer, ça c’est clair.», a déclaré l’ancien secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères (2002-2005).