Grève de la faim des CRS: «ça pose le problème des conditions dans lesquelles on fait évoluer la police», estime Chevènement

REACTION Pour l'ancien ministre de l'Intérieur, le mouvement «interpelle forcément»...

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Jean-Pierre Chevènement aux unversités d'été de La Rochelle, le 28 août 2009.
Jean-Pierre Chevènement aux unversités d'été de La Rochelle, le 28 août 2009. — REUTERS/Stephane Mahe

Il n'a jamais vu ça. L'ancien ministre socialiste de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement (MRC) a estimé ce lundi qu'une grève de la faim chez des CRS «ça interpelle forcément», soulignant qu'on demande à la police «beaucoup d'efforts» et «en même temps on supprime des postes».

«Je trouve qu'une grève de la faim chez les CRS, ça interpelle forcément, c'est quelque chose de jamais vu», a déclaré le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) sur Canal+, alors que des CRS marseillais en mission à Paris se sont mis samedi en grève de la faim pour protester contre la menace de fermeture de leur compagnie.

Des efforts demandés, des postes supprimés

«C'est très original comme mouvement en tout cas» et «ça pose le problème des conditions dans lesquelles on fait évoluer la police», a-t-il ajouté. «Les CRS sont une force de protection de l'ordre public, il appartient au ministère de l'Intérieur de voir comment les utiliser au mieux», a préconisé Jean-Pierre Chevènement, rappelant qu'il l'avait «fait autrefois en fidélisant les CRS dans certains quartiers dits sensibles sans pour autant dissoudre leurs unités».

Selon lui, «sans doute le ministère confronté à la RGPP (Révision générale des politiques publiques), c'est-à-dire à la baisse des postes, essaie de transférer les postes des CRS vers d'autres formes de police». Or, a-t-il dit, on demande à la police «beaucoup d'efforts, notamment en matière statistique, et en même temps on supprime des postes».

«Nous méritions d'avoir une police professionnelle»

«Les postes qui avaient été créés par M. Sarkozy (alors ministre de l'Intérieur) dans les années 2002-2003 aujourd'hui sont supprimés», a souligné le sénateur du Territoire de Belfort. «Nous méritions d'avoir une police professionnelle, une police républicaine« et «il ne faut pas réduire les effectifs de police en dessous du niveau où ils étaient en 2002».

Quant à la création de policiers citoyens, il a lancé : «c'est zéro, ça!» «La police c'est un métier, ça demande un professionnalisme certain, c'est un métier difficile» dans lequel «il y a chaque année des milliers de blessés et un certain nombre de tués. Par conséquent, je pense qu'il ne faut pas créer des forces supplétives et non professionnelles», a expliqué l'ancien ministre.