Fillon: pas d'exportation récente vers Tunis de matériel de maintien de l'ordre

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François Fillon a assuré mercredi qu'il n'y avait eu "aucune exportation" vers la Tunisie de matériel de maintien de l'ordre en décembre et janvier, donnant lieu à l'Assemblée à une vive passe d'armes avec l'opposition qui accuse le gouvernement d'avoir voulu en envoyer.

Interrogé par la députée PS George Pau-Langevin sur d'éventuelles exportation récentes de ce type, lors des questions au gouvernement, le Premier ministre a lancé: "Les accusations que vous portez depuis deux jours sont des accusations sans fondements qui déshonorent ceux qui les portent".

"Il n'y a eu aucune exportation de matériel de maintien de l'ordre --et nous ne parlons pas d'armes évidemment-- ni au mois de décembre (2010) ni au mois de janvier (2011)", a assuré M. Fillon, qui a répondu en lieu et place de sa ministre des Affaires étrangères Michèle-Alliot-Marie, sous les huées de l'opposition.

La députée PS a rappelé que les douanes ont intercepté le 14 janvier à l'aéroport de Roissy du matériel de maintien de l'ordre commandé à une entreprise française par le régime de l'ex-président tunisien Ben Ali, le jour même où il fuyait son pays.

Par ailleurs, Le Monde affirme dans son édition de mercredi que la France a autorisé quatre livraisons de grenades lacrymogènes fin 2010.

"Vous devriez avoir honte de proférer des accusations comme celle là. Elles sont déshonorantes pour vous et elles ne servent pas la France", a fustigé le chef du gouvernement.

"Les exportations de matériel de maintien de l'ordre dans notre pays ne sont pas soumises à la même procédure d'autorisation que les exportations d'armes et vous le savez très bien. Ce sont des exportations qui sont contrôlées par les douanes", s'est défendu le Premier ministre.

Ces dernières ont constaté le 14 janvier "que le contenu des envois d'entreprises françaises au gouvernement tunisien n'était pas conforme aux documents et aux autorisations qui avaient été données et donc ces armes ont été bloquées", a-t-il enchaîné avant de corriger immédiatement son lapsus et de parler de "matériel de maintien de l'ordre".

Et le Premier ministre de préciser qu'"il s'agissait de grenades lacrymogènes, d'uniformes de police et et de matraques".

"J'aimerais que le Parti socialiste avant d'accuser (...) le gouvernement d'avoir autorisé l'exportation d'armes en Tunisie fasse preuve d'un peu plus de prudence et regarde ce qui s'est passé dans les années précédentes", a-t-il accusé s'en prenant, une nouvelle fois, au gouvernement de Lionel Jospin.

"Entre 1997 et 2002, ont été livrés au ministère de l'Intérieur tunisien des grenades éblouissantes, des grenades fumigènes, des grenades à main fulgurantes, des pistolets de calibre 9mm, des pistolets automatiques, des fusils d'assaut automatique", a-t-il dit devant une opposition déchaînée.

Le Premier ministre a cependant poursuivi son inventaire: "à destination de la présidence de la République, des fusils semi-automatiques, des fusils à pompe à répétition, des gilets pare-balle et des menottes en plastique"...

"Nous n'avons pas pratiqué ces exportations à destination de la Tunisie dans la période que vous évoquez", a-t-il insisté.

A la fin de sa réponse, il s'est rassis sous les cris de protestation du PS et une standing ovation de son camp.