Nicolas Sarkozy, d'hyper président à supra président

REVUE DE PRESSE Les éditorialistes s'interrogent sur ce revirement ce mardi matin

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Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse à Paris le 24 janvier 2011.
Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse à Paris le 24 janvier 2011. — FEFERBERG / AFP

De la conférence de presse de Nicolas Sarkozy lundi, les éditorialistes retiennent que l'hyperprésident des débuts devient «supraprésident» et que la présidence du G20 lui donne l'occasion de se «représidentialiser» en vue de 2012.

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Dans Les Echos, Henri Gibier estime qu'«avec un tel programme au coeur de "son" G20, l'hyperprésident va devenir (...) une sorte de "supraprésident", au-dessus des partis et presque au-dessus de son pays».

«Ce revirement n'arrive-t-il pas trop tard?»

Rémi Godeau de L'Est Républicain croit aussi que «le crypto-candidat à 2012 veut capitaliser sur ses réussites passées à l international - Géorgie, crise financière - pour mieux se représidentialiser.»

Le Courrier Picard sous la plume de Didier Louis, assure également que «pour son grand oral devant les journalistes, Nicolas Sarkozy avait choisi un classique de la Ve pour chef d'Etat aspirant à se représidentialiser.» «Sarkozy semble avoir compris qu'il fallait qu'il se "présidentialise". Mais ce revirement n'arrive-t-il pas trop tard?» se demande Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées.

Hervé Favre dans La Voix du Nord assure qu'«à l'heure où sa popularité est au plus bas, le président recherche un nouveau souffle dans l'ascension des sommets de l'année, G8 en juin, G20 en novembre.»

Abandon du style bling-bling ou agité

Ils sont plusieurs à évoquer l'abandon du style bling-bling ou agité comme Laurent Marchand d'Ouest-France qui souligne que «c'est un nouveau style que Nicolas Sarkozy a étrenné. Pas de volontarisme. Pas d'envolée lyrique sur la refondation du monde, de sa finance, de son ordre. Pas de détails people. Pas d'accrochage avec les plumes les plus acides de la presse française. Pas de phrase choc ni de réflexe d'autodéfense».

Les éditorialistes ne sont pourtant pas certains du résultat, tel Michel Lépinay de Paris-Normandie qui se demande si «le galon de président temporaire du G20 suffira-t-il à rendre son pari gagnant? Sur certains points peut-être. Sur d’autres, il a probablement mis la barre bien haut.»

«La même vision que DSK»

«Nicolas Sarkozy avance pour sa présidence des G20 et G8 avec de grandes ambitions», juge également François Ernenwein de La Croix. «À l’international, comme au national, le chef de l’État offre l’image d’un président qui parle beaucoup. Communique efficacement. Évoque avec pertinence les dossiers. Mais obtient peu de résultats.(...)», note avec circonspection François Martin dans Le Midi Libre.

Quant à Paul-Henri du Limbert, éditorialiste du Figaro, il choisit l'ironie: «Comment, lorsqu’on est de gauche, s’opposer à un homme qui fait de la régulation mondiale son combat? Comment, lorsqu’on est de gauche, s’opposer à un homme qui entend combattre la spéculation sur les marchés agricoles, car elle crée "les émeutes de la faim"?». Et même la perfidie: «Comment, enfin, lorsqu’on est de gauche, s’opposer à quelqu’un qui, sur tous ces sujets, a la même vision que Dominique Strauss-Kahn».