Aucun conseiller de Bertrand et Berra en situation de conflit d'intérêts

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Un conseiller de Xavier Bertrand exerçant en pharmacologie en CHU a cessé toute activité de recherche sur les médicaments pour rester en poste auprès du ministre de la Santé, et "aucun collaborateur" n'est "en situation de conflit d'intérêts", a annoncé lundi le ministère.

Pour faire oeuvre de "transparence" et "prévenir" toute accusation de conflit d'intérêt en plein scandale du Mediator, les 26 membres des cabinets de Xavier Bertrand (20) et de sa secrétaire d'Etat, Nora Berra (6), ont tous rempli une "déclaration d'intérêt", et après leur analyse il en ressort qu'"aucun de leurs collaborateurs ne se trouve en situation de conflit d'intérêts", selon un communiqué.

Quatre cas sont détaillés dont celui du "conseiller pour les affaires hospitalo-universitaires et la recherche" de Xavier Bertrand, un professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH) en pharmacologie déjà intervenu dans des congrès et séminaires en tant qu'expert, est-il précisé.

Outre qu'il s'est engagé à cesser ces interventions, "il a par ailleurs pris toutes les dispositions pour ne plus être investigateur principal ou secondaire ou encore collaborateur dans aucune étude de recherche expérimentale ou clinique".

"Enfin, il s'est engagé à quitter les fonctions administratives qu'il exerçait jusqu'alors en tant que chef du service de pharmacologie au CHU de Rouen et directeur de l'unité Inserm U644", qui a mené des recherches co-financés par plusieurs laboratoires dont Servier, le fabricant du Mediator.

A propos de ce conseiller, dont l'identité n'est pas précisée, Xavier Bertrand précise que ses attributions au sein du ministère "ne concernent pas le domaine du médicament".

Le ministère tient à citer aussi les cas de deux conseillères du pôle communication ayant eu par le passé des relations professionnelles avec le secteur pharmaceutique, ainsi que celui de la directrice de cabinet de M. Bertrand, qui a été administratrice entre août 2000 et mars 2009 d'une société de conseil en lien avec le même secteur.

Cette société a eu un contrat avec Servier "du 1er septembre 2000 au 30 avril 2003 (...) pour conseiller les laboratoires dans leur stratégie d'implantation à l'international, notamment en Roumanie", poursuit le communiqué. Mais "au vu de l'ancienneté et de l'objet des dits contrats (...) ces éléments ne sauraient constituer un conflit d'intérêts".

Dans son édition du 12 janvier, le Canard Enchaîné avait révélé que deux médecins nommés conseillers techniques par Xavier Bertrand à son arrivée au ministère de la Santé en 2005 avaient des liens avec le laboratoire Servier. Interrogé par l'hedomadaire satirique, Xavier Bertrand avait indiqué n'avoir "pas connaissance" de ces liens. Ces médecins étaient des PU-PH.

Le 11 janvier devant les députés, le ministre, de nouveau titulaire du portefeuille de la Santé depuis novembre, avait souligné qu'il fallait aller "beaucoup plus loin" sur la question des conflits d'intérêt, souhaitant que les membres de cabinets ministériels fassent eux aussi des déclarations d'intérêt.